SENEGAL-LEGISLATION-REFORME
Mbour, 19 août (APS) – Le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, a souligné, mercredi, à Saly (Mbour, ouest), la nécessité de renforcer les moyens juridiques et humains de l’administration du travail pour assurer l’application effective des nouvelles dispositions du Code du travail et du Code de la sécurité sociale.
Intervenant lors d’un atelier stratégique consacré à l’alignement des projets et programmes de son département sur l’Agenda national de transformation Sénégal 2050, le ministre a expliqué que cette rencontre vise à faire évoluer l’action publique d’une logique fondée sur les activités vers une approche davantage axée sur les résultats et les impacts.
Selon lui, cette nouvelle approche s’inscrit dans la vision de l’Agenda national de transformation Sénégal 2050.
Mamadou Lamine Dianté a indiqué que le Premier ministre a demandé aux différents ministères d’aligner leurs projets et programmes sur cet agenda, dont l’un des principes directeurs est le “pilotage des impacts”.
Des codes adaptés aux réalités du monde du travail
Abordant l’adoption du nouveau Code du travail et du Code de la sécurité sociale, mardi, le ministre a salué le rôle joué par les députés dans l’examen et l’adoption de ces deux textes.
Il a estimé que les anciens codes comportent “des insuffisances au regard des réalités et des dynamiques au niveau du monde du travail”.
“Nous sommes allés vers l’élaboration d’un nouveau Code du travail qui est à la fois beaucoup plus protecteur des droits du travailleur et promoteur d’une économie compétitive”, a-t-il déclaré.
Il a également mis en avant les innovations apportées par les nouveaux textes, notamment en matière de gestion des institutions de prévoyance sociale et d’encadrement des relations professionnelles dans les entreprises.
CDD : le renforcement des pouvoirs de l’administration du travail
Interpellé sur la nouvelle durée maximale du contrat à durée déterminée (CDD), désormais portée à quatre ans, et sur le risque de voir cette disposition favoriser des CDD assimilables à des CDI, le ministre a appelé à une lecture globale des nouvelles dispositions.
“Quand on veut faire une lecture cloisonnée des dispositions, on ne va pas s’en sortir. Il faut faire une lecture combinée”, a-t-il soutenu.
Mamadou Lamine Dianté a notamment insisté sur le renforcement des pouvoirs de l’administration du travail, aussi bien sur le plan des moyens humains que sur celui des moyens juridiques.
Il a rappelé que, dans le dispositif antérieur, le CDD était prévu pour une durée de deux ans, renouvelable une fois, alors que dans la pratique certains travailleurs se retrouvent sous ce régime pendant plusieurs années.
“Nous savons qu’il y a beaucoup de travailleurs qui sont sous CDD depuis une dizaine d’années. Maintenant, pourquoi cela n’est pas respecté ? C’est la faiblesse de l’administration du travail”, a-t-il relevé.
Selon lui, le renforcement des moyens de contrôle et d’intervention de l’administration devrait contribuer à une meilleure application des dispositions du nouveau Code du travail.
Le dialogue social privilégié face aux revendications syndicales
Concernant les réactions des organisations syndicales aux nouveaux textes, le ministre a assuré que son département entend continuer à privilégier le dialogue social.
“Le ministère a toujours comme doctrine de privilégier le dialogue social”, a-t-il soutenu, ajoutant que les nouveaux codes ”ne mettent pas un terme au dialogue tripartite, bien au contraire, ils renforcent le dialogue tripartite”.
Il a appelé les différents acteurs à privilégier la concertation pour trouver des solutions aux préoccupations des travailleurs.
“Nous sommes totalement sereins. Je pense qu’il faut aller dans le sens de trouver des solutions aux préoccupations des travailleurs sans recourir à une certaine forme de menace ou de grève”, a-t-il déclaré.
Les enseignants : le gouvernement dit rester ouvert aux négociations
Évoquant enfin les revendications des syndicats d’enseignants et la possibilité du dépôt d’un préavis de grève, le ministre a estimé qu’une telle démarche relève des droits reconnus aux organisations syndicales par la loi.
“Déposer un préavis de grève de la part d’un syndicat, c’est ce qu’il y a de plus normal”, a-t-il indiqué.
Il a toutefois assuré que son département n’attendait pas le dépôt d’un éventuel préavis pour poursuivre les discussions avec les syndicats d’enseignants.
“Nous n’attendons pas le dépôt du préavis de grève pour discuter avec les syndicats d’enseignants”, a-t-il insisté.
Mamadou Lamine Dianté a assuré que le gouvernement poursuivra les négociations afin d’apporter des réponses aux préoccupations exprimées, “à la limite des possibilités du gouvernement”.
Il a ainsi réaffirmé la volonté de son ministère de maintenir le dialogue avec les partenaires sociaux en vue de prévenir d’éventuelles tensions à l’approche de la rentrée scolaire.
DS/OID/MTN/ASB
