SENEGAL-SOCIETE
Dakar, 10 oct (APS)- Des survivants de la maladie du noma appellent à un meilleur accompagnement de leur réintégration sociale, notamment à travers la création d’activités génératrices de revenus susceptibles de favoriser leur autonomie financière.
‘’Je trouve que la réintégration sociale des survivants du noma serait plus facile si on les aidait à ne plus se sentir dépendants, à avoir une activité qui les rendrait autonomes financièrement’’, a déclaré Aram Loum, survivante du noma et infirmière à l’hôpital Fann de Dakar.
Elle s’exprimait jeudi à Dakar, lors d’un atelier et d’une table ronde régionale organisés du 5 au 8 octobre 2026 par le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique et l’association Elysium.
Des survivants, des professionnels de santé, des chercheurs, des représentants d’institutions et des organisations engagées dans la lutte contre le noma, ont pris part à cette rencontre portant sur les enjeux de prévention, de prise en charge et d’inclusion sociale des personnes touchées.
Prenant l’exemple d’Awa, une autre survivante présente à ses côtés, Mme Loum a souligné que l’ouverture d’une boutique lui avait permis de mieux s’intégrer dans son environnement social.
‘’Cela lui a permis de créer des liens, d’être associée à la prise de certaines décisions dans le cadre de son quartier’’, a-t-elle témoigné.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) présente le noma comme est une maladie gangreneuse sévère de la bouche et du visage qui évolue rapidement, et touchant principalement les enfants âgés de deux à six ans souffrant de malnutrition.

Le directeur de la lutte contre la maladie au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, Mamadou Moustapha Diop, a rappelé que cette infection nécrosante peut affecter les tissus mous du visage et de la bouche, ainsi que les os. Il a notamment souligné son lien étroit avec la malnutrition et d’autres infections.
”Le stade initial de la maladie se manifeste particulièrement par une gingivite nécrosante”, a-t-il expliqué, insistant sur la vulnérabilité des enfants exposés à la malnutrition.
‘’Au Sénégal, plus de 100 cas ont été recensés depuis plus de 10 ans’’, a indiqué le docteur Diop, estimant qu’il est essentiel de poursuivre les actions de prévention et de sensibilisation, tout en privilégiant une approche intégrée de la lutte contre la maladie.

Claire Jantet, de l’association Elysium, a présenté les trois principaux axes d’intervention de leur structure, portant notamment sur le soutien aux survivants, la sensibilisation et la promotion d’une prise en charge globale.
Elle a insisté sur les besoins spécifiques des malades, relativement aux soins chirurgicaux, au soutien psychologique et à la rééducation.
Mme Jantet a également rappelé la gravité du noma, qui entraîne la mort dans près de 90 % des cas.
AFD/HK/SMD

