SENEGAL-ENVIRONNEMENT-PATRIMOINE
Dakar, 15 mai (APS) – Et si un arbre racontait une histoire d’intégration, de mémoire et de résilience végétale ? C’est le récit singulier qu’explore le journaliste et historien Malick Rokhy Ba dans une contribution transmise à l’APS, levant le voile sur l’histoire singulière de Diana Fall, décédée le 8 mai dernier et sur l’héritage végétal qui lui est associé dans le Rip, où un arbre introduit depuis le Togo à la fin des années 1990 porte désormais son nom et s’est diffusé dans plusieurs régions du Sénégal.
Les populations de Nioro du Rip ont baptisé la plante ‘’Garabu Diana’’ (l’arbre de Diana), en référence au prénom de cette épouse Fall, également appelée localement ‘’Dobali Diana’’ en raison de ses similitudes avec une espèce indigène au feuillage proche.
Journaliste et historien de formation, Malick Rokhy Ba rapporte que Mme Diana Fall, d’origine cap-verdienne et épouse de Mahanta Birima Fall, ancien fonctionnaire international de la CEDEAO, s’était installée à Lomé (Togo) à la fin des années 1990 avant de revenir au Sénégal avec des boutures de la plante, glissées dans ses bagages.
Le témoignage de son époux, cité dans le texte, indique que certaines boutures avaient résisté à plusieurs jours d’immobilisation au port de Dakar avant d’être replantées avec succès dans le terroir de Nioro du Rip.
Un ‘’emblème végétal ‘’ fortement enraciné dans le Rip
De croissance rapide et dotée d’une forte capacité de reproduction par simple fragmentation, la plante s’est rapidement acclimatée dans cette zone marquée par une déforestation liée à l’extension de la culture arachidière et aux dynamiques agricoles historiques, avant de se diffuser dans les espaces urbains et ruraux, ajoute M. Ba.
Il rappelle que le ‘’Garabu Diana’’ s’est progressivement propagé au-delà du Rip, atteignant la Casamance (sud), le Ferlo (nord) et la région de Dakar, avec des témoignages faisant également état de sa présence en Guinée-Bissau.
Cette dissémination intervient dans un contexte contemporain marqué par le renforcement des cadres internationaux de régulation des transferts d’espèces végétales et animales, notamment à travers la Convention sur la diversité biologique et son Protocole de Cartagena relatif à la biosécurité, ainsi que la Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES), a confié le journaliste à l’APS.
Ces instruments visent à encadrer les introductions d’espèces exotiques afin de limiter les risques écologiques, notamment ceux liés aux espèces invasives susceptibles de perturber les écosystèmes locaux, indique-t-on.
Dans le cas du ‘’Garabu Diana’’, Malick Rokhy Ba souligne néanmoins son intégration dans les paysages du Rip, où il est utilisé pour l’ombrage, l’embellissement des concessions et parfois comme fourrage pour le bétail, dans un contexte de raréfaction du couvert arboré.
Décédée le 8 mai 2026 et inhumée le lendemain au cimetière musulman de Nioro du Rip, Mme Diana Fall, parfaitement intégrée à la communauté locale et parlant couramment wolof, laisse ainsi, selon l’expression de l’auteur, l’empreinte d’un ‘’emblème végétal ‘’ enraciné dans le paysage du Rip et au-delà.
SMD/ADL/MTN

