Dakar, 15 juin (APS) – Le ministre de l’Intérieur, Antoine Diome, juge ‘’prématuré’’ de se prononcer sur les résultats de l’enquête relative à la participation présumée de nervis aux côtés des forces de l’ordre, lors des violences politiques survenues entre le 1er et le 3 juin dans plusieurs villes du pays.

‘’Aujourd’hui, avec les manipulations qu’il y a sur les réseaux sociaux, on peut faire dire à une vidéo le contraire de ce qu’elle a voulu dire’’, a souligné M. Diome lors d’une conférence de presse donnée par plusieurs membres du gouvernement.

‘’J’ai bien employé le mot collecter. La police a collecté des vidéos. Chacun s’est fait une opinion. Mais c’est l’enquête en cours qui va déterminer la conduite à tenir et situer les responsabilités’’, a-t-il poursuivi.

Le ministre de l’Intérieur a été interrogé sur les vidéos largement partagées sur Internet, selon lesquelles des nervis auraient prêté main-forte aux forces de l’ordre.

‘’C’est prématuré […] de se prononcer sur les résultats d’une enquête en cours’’, a soutenu Antoine Diome, estimant qu’il serait ‘’plus prudent’’ de laisser la question des nervis aux spécialistes.

‘’Actuellement, nous en sommes à l’étape des autopsies. Il existe des rapports d’autopsie et des certificats de genre de mort […] Actuellement, on ne peut pas mettre les forces de défense et de sécurité et les manifestants les uns en face des autres, s’agissant des décès’’, a soutenu le ministre de l’Intérieur.

C’est seulement lorsqu’il y a la ‘’suspicion d’une implication de forces et de défense et de sécurité ou d’une autre personne […] qu’on pourra dire qu’il y a un mis en cause, lequel pourra donner sa version’’, a dit M. Diome, ajoutant : ‘’Il ne faut pas marcher plus rapidement que la justice.’’

Selon le ministère de l’Intérieur, 16 personnes ont trouvé la mort dans les manifestations survenues après la condamnation de l’opposant Ousmane Sonko à deux ans de prison ferme pour ‘’corruption de la jeunesse’’.

Amnesty International, dont le bureau pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre est basé à Dakar, a annoncé la mort de 23 personnes dans les violences.

La peine requise contre M. Sonko, qui était jugé pour viol et menaces de mort sur la demoiselle Adji Sarr, est susceptible d’empêcher le maire de Ziguinchor (sud) de se présenter à l’élection présidentielle de 2024, affirment ses avocats en se basant sur le Code électoral.

Des services de l’Administration publique, des banques, des infrastructures routières et universitaires, des mairies, des voitures et d’autres biens publics ou privés ont été saccagés ou incendiés.

SMD/ESF

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