Mode circulaire : MAKET lance ”YEESAL”, pour donner une seconde vie aux vêtements
Mode circulaire : MAKET lance ”YEESAL”, pour donner une seconde vie aux vêtements

SENEGAL-CULTURE

Dakar, 20 juin (APS) – La startup sénégalaise MAKET a lancé, vendredi soir, à la Galerie Le Manège de Dakar, une initiative visant à promouvoir et structurer la mode circulaire au Sénégal, à travers une plateforme dédiée à la valorisation des vêtements de seconde main et à l’upcycling.

Dénommée ”YEESAL” (Renouveler, en wolof), cette initiative a été organisée dans le cadre du mois de l’environnement, avec le soutien de la Délégation générale à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (DER/FJ) et de l’ambassade de France à Dakar.

La rencontre a réuni acteurs de la mode, des entrepreneurs, créateurs, partenaires institutionnels et défenseurs du développement durable.

‎Alors que l’industrie textile mondiale est confrontée à des défis environnementaux majeurs liés notamment à la surproduction, à la pollution et au gaspillage des ressources, MAKET ambitionne de devenir la première plateforme structurée de mode circulaire premium en Afrique de l’Ouest.

La cérémonie a été marquée par la présentation de la plateforme MAKET, une solution technologique conçue pour faciliter la revente, l’achat et la réutilisation de vêtements, ainsi que par un défilé-slam engagé mettant en avant des créations issues de la mode circulaire et de l’upcycling.

‎Pour la fondatrice et directrice générale de MAKET, Fatou Dieng, l’idée de cette plateforme est née d’un constat simple : l’absence, en Afrique de l’Ouest, d’un espace structuré permettant aux consommateurs de donner une nouvelle vie aux vêtements qu’ils ne portent plus.

‎Elle raconte avoir découvert le potentiel de la seconde main à travers une expérience vécue avec une cliente, dont l’armoire débordait de vêtements qu’elle ne portait plus.

‎”Je suis arrivée chez elle et les habits étaient littéralement par terre. Elle m’a dit : mes habits ne me vont plus. Je lui ai proposé de ramener ses vêtements au bureau pour trouver une solution”, a-t-elle relaté.

‎Une fois les vêtements publiés sur les réseaux sociaux, l’équipe de Fatou Dieng a constaté un engouement immédiat. ”Nous avons tout revendu en 48 heures”, a-t-elle indiqué, ajoutant que d’autres personnes avaient ensuite commencé à proposer leurs propres vêtements à la revente.

‎”On s’est dit qu’on tenait quelque chose. En Europe, ils ont Vinted ou Vestiaire Collective, mais en Afrique, nous n’avions pas encore de plateforme structurée pour revendre nos articles qu’on ne porte plus”, a-t-elle souligné.

Selon Fatou Dieng, MAKET vise à faire évoluer les perceptions autour des vêtements de seconde main, longtemps associés à une pratique de moindre valeur.

”La seconde main peut être mieux pensée, pas chère, de meilleure qualité, tout en respectant la planète”, a-t-elle déclaré, appelant à faire de la mode circulaire ”un premier choix et non un choix par défaut”.

‎La directrice des opérations de MAKET, Aminata Valeria Guèye, a rappelé que l’ambition de la startup dépasse la simple création d’une plateforme numérique. ”Notre ambition est de changer un réflexe, à savoir qu’on n’ait plus directement le réflexe d’aller acheter des habits neufs, mais de pouvoir revaloriser ce qu’on a déjà à la maison”, a-t-elle indiqué.

Elle a présenté MAKET comme une initiative portée par une équipe pluridisciplinaire accompagnée par des experts et entrepreneurs partageant la même vision autour d’une mode plus responsable.

‎De son côté, la directrice de l’Institut français de Dakar, Valérie Lesbros, a salué une initiative en cohérence avec les enjeux environnementaux actuels.

Elle a également mis en avant l’engagement de l’Institut français et de l’ambassade de France dans l’accompagnement des industries culturelles et créatives, notamment à travers des programmes destinés aux jeunes créateurs.

‎”La mode fait partie des secteurs importants que nous accompagnons. Nous avons à cœur de soutenir la structuration des ICC et les initiatives qui valorisent les talents du continent”, a-t-elle ajouté.

MK/BK