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Ziguinchor, 10 mars (APS) – Des producteurs, transformateurs et partenaires institutionnels des régions de Ziguinchor, Sédhiou et Kolda ont souligné, mardi, les avancées notées dans la structuration et la promotion de la filière ”Madd” en Casamance, deux ans après que ce fruit sauvage originaire du sud du Sénégal a obtenu son certificat d’enregistrement en tant qu’indication géographique protégée (IGP), gage de qualité et de traçabilité.
Ils participaient à une réunion d’évaluation à Ziguinchor, autour de l’Association pour la protection et la promotion de l’indication géographique “madd” de Casamance (APPIGMAC) et de l’ONG Territoire et Développement Service (ETDS).
La nouvelle présidente de l’APPIGMAC, Diadia Baldé, a salué, à cette occasion, la mobilisation croissante des acteurs depuis cette labellisation. “Depuis deux ans, nous avons constaté une forte adhésion autour de l’association. Les acteurs s’intéressent davantage au Madd et à sa valorisation”, a-t-elle déclaré, tout en relevant les progrès enregistrés dans la transformation du produit grâce à la formation et au renforcement de capacités.
Elle a aussi évoqué les sessions de formation destinées aux cueilleurs, afin d’améliorer les techniques de récolte conformes au cahier des charges de l’indication géographique. Mais malgré ces avancées, la responsable de l’association a évoqué des difficultés liées principalement à la commercialisation.
“Aujourd’hui, l’enjeu est d’abord de conquérir le marché local sénégalais avant de viser d’autres marchés”, a-t-elle expliqué, estimant que la consommation nationale constitue une étape essentielle pour la valorisation durable du produit.
Le “Madd” de Casamance bénéficie depuis 2024 d’une protection de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), à l’issue d’un processus de plusieurs années conduit avec l’appui de l’Agence sénégalaise pour la propriété industrielle et l’innovation technologique (ASPIT).
Selon le directeur de la propriété industrielle au sein de l’ASPIT, Talla Samb, l’objectif de la rencontre était d’évaluer l’impact de cette indication géographique sur la filière. “Il s’agit de mesurer l’effet de cette labellisation sur l’organisation des acteurs, le développement de la filière, l’amélioration des revenus et la disponibilité de la ressource”, a-t-il précisé.

Il a noté que cette évaluation devrait permettre d’identifier les difficultés rencontrées et de formuler des recommandations pour renforcer l’accompagnement des acteurs.
L’Indication géographique protégée (IGP) identifie un produit agricole, brut ou transformé, dont la qualité, la réputation ou d’autres caractéristiques sont liées à son origine géographique. L’IGP repose également sur la notion de savoir-faire.
L’adjoint au gouverneur de Ziguinchor chargé du développement, Alsény Bangoura, a rappelé que cette labellisation constitue “une première pour le Sénégal”, appelant à une mobilisation accrue pour assurer la valorisation et la promotion du “madd” de Casmance.

MNF/BK/ADC/ASB

