MAC de Thiès : 36 femmes détenues formées aux techniques de saponification et de transformation de céréales
MAC de Thiès : 36 femmes détenues formées aux techniques de saponification et de transformation de céréales

SENEGAL-GENRE-FORMATION

Thiès, 8 mars (APS) – La Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Thiès a formé 45 personnes, dont 36 femmes détenues et neuf agents pénitentiaires aux techniques de saponification et de transformation des céréales locales et des fruits et légumes, a appris l’APS dimanche, des responsables de cet établissement.

La formation a été conduite en collaboration avec le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique et l’Office national de la formation professionnelle (ONFP).

Les autorités administratives ont choisi la Maison d’arrêt et de correction de Thiès, pour célébrer la 12-ème édition de la Journée nationale des femmes, de la formation professionnelle et technique, dans le même sillage que la Journée internationale des droits des femmes, commémorée partout dans le monde.

L’édition 2026 est axée sur le thème “Lorsque les femmes ont accès à la justice, la démocratie en sort victorieuse”.

“L’administration pénitentiaire a deux missions principales : celle relative à la sécurité, ainsi que celle afférente à la préparation et à la réinsertion sociale des détenus”, a relevé le directeur de la MAC de Thiès, Omar Ndir Sow.

Selon lui, la seconde mission est soutenue par des activités socio-éducatives et professionnelles, avec l’appui d’un système de partenariat sans lequel, certains objectifs ne sauraient être atteints.

Pour M. Sow, la collaboration entre le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique et le celui de la Justice, à travers la Direction générale de l’administration pénitentiaires, constitue un moyen efficace pour atteindre les objectifs de réinsertion socioprofessionnelle des personnes privées de liberté.

Il a salué les moyens mis à la disposition de la MAC, pour l’organisation de ces sessions de formation au profit, notamment, des détenues.

”Au sortir de ces activités, nous avons eu à former 45 personnes, dont 36 pensionnaires et 9 agents pénitentiaires dans la saponification, la transformation des céréales locales et la transformation de fruits et légumes”, s’est réjoui le directeur de la MAC de Thiès.

”Au Sénégal, bien que des avancées notables aient été enregistrées en matière de promotion de l’égalité de genre et de protection des droits des femmes, les femmes détenues demeurent confrontées à de multiples défis d’ordre social, économique et sociologique”, a pour sa part relevé Ababacar Sadikh Niang, adjoint au gouverneur de région, chargé du développement.

MAC de Thiès : 36 femmes détenues formées aux techniques de saponification et de transformation de céréales

”La privation de liberté accentue souvent les inégalités préexistantes, limite l’accès à la formation professionnelle, à l’information, aux opportunités d’insertion socio-économique et fragilise davantage leur dignité et leur estime de soi”, poursuit-il.

  1. Niang dit voir un ”message fort” dans le choix de la MAC de Thiès, pour célébrer en même temps la Journée nationale de la femme et de la formation professionnelle et Journée internationale de la femme.

Il s’agit d’un ”message d’inclusion, de justice sociale, d’humanité et d’espoir”, car, insiste-t-il, “la République ne doit oublier aucune de ses filles et la formation professionnelle et technique ne doit exclure aucune femme”.

“Former une femme détenue, c’est restaurer la dignité humaine […], reconstruire et autonomiser des familles, […] préparer l’avenir de la société toute entière”, a souligné l’adjoint au gouverneur.

”Aujourd’hui, en venant vers vous, nous affirmons une conviction profonde :
l’erreur ne doit jamais condamner définitivement une vie,
et chaque femme doit pouvoir se relever, apprendre, se former, se reconstruire et reprendre sa vie et son destin en main”, a encore lancé M. Niang.

MAC de Thiès : 36 femmes détenues formées aux techniques de saponification et de transformation de céréales

Il n’a pas manqué de saluer le ”travail remarquable” de la cellule genre et équité du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique, qui, “depuis plusieurs années, fait de cette Journée nationale des femmes de la formation professionnelle et technique, un moment de solidarité, d’inclusion, de sensibilisation et d’engagement communautaire”.

Ababacar Sadikh Niang a rassuré que les autorités vont ”continuer à développer des programmes de formation, d’apprentissage et d’accompagnement au profit des femmes en situation de vulnérabilité, y compris en milieu carcéral, afin que chacune [d’entre elles] puisse, demain, retrouver sa place dans la société, avec confiance et autonomie”.

BT/ADI/BK