SENEGAL-SANTE-STUPEFIANTS
Dakar, 19 juin (APS) – Le gouvernement du Sénégal entend poursuivre sa stratégie globale de lutte contre la drogue fondée sur le renforcement de la répression des trafics, la prévention, la prise en charge sanitaire des personnes dépendantes et leur réinsertion sociale, ont affirmé, vendredi, à Dakar, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique et son collègue en charge de la Santé et de l’Hygiène publique.
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a rappelé que le trafic de drogue est une économie criminelle générant chaque année ”plusieurs centaines de milliards de dollars” de revenus illicites alimentant notamment le blanchiment de capitaux, la traite des êtres humains, le trafic d’armes, la corruption et le financement de groupes criminels violents.
Face à cette menace, a-t-il rappelé, le Sénégal a ratifié les principales conventions internationales relatives au contrôle des stupéfiants, et mis en œuvre une réponse multidimensionnelle conciliant impératifs sécuritaires, droits humains et objectifs de développement durable.

Mouhamadou Makhtar Cissé co-présidait, avec son collègue de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, la cérémonie de lancement de la Semaine nationale de mobilisation et de sensibilisation sur les questions liées à la drogue.
Selon M. Cissé, ”cette stratégie repose sur le renforcement du cadre juridique, l’amélioration des capacités opérationnelles des services de sécurité, la prévention auprès des populations vulnérables, ainsi que la prise en charge sanitaire et la réinsertion des personnes souffrant d’addiction”.
Il a magnifié le travail des Forces de défense et de sécurité (FDS), qui ont saisi, cette année, environ 25 tonnes de chanvre indien, près de deux tonnes de cocaïne, 140 kilogrammes de haschisch ainsi que de milliers de comprimés et gélules de drogues synthétiques.
Il a également salué le travail accompli par le Centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar (CEPIAD), créé en 2014, estimant que cette structure constitue aujourd’hui un modèle dont s’inspirent plusieurs pays africains.

Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a, quant à lui, insisté sur la nécessité de considérer la consommation de drogues comme un ”enjeu majeur” de santé publique et de cohésion sociale, au-delà de sa dimension sécuritaire.
”Derrière chaque addiction, il y a d’abord une personne dont la santé et la dignité doivent être protégées’’, a déclaré Ibrahima Sy.
Il a alerté sur l’augmentation du nombre de personnes accueillies dans les structures de prise en charge et sur la vulnérabilité particulière des jeunes confrontés à des risques de décrochage scolaire, de chômage, de précarité et de rupture des liens familiaux.
Face à cette situation, M. Sy a réaffirmé les trois axes prioritaires de l’action du département de la Santé. Il s’agit, selon lui, de ”prévenir par l’éducation et la sensibilisation, de soigner grâce à une prise en charge médicale, psychologique et sociale de qualité, puis de favoriser la réinsertion des personnes concernées afin qu’elles retrouvent leur autonomie et leur place dans la société”.
Il a enfin appelé à une mobilisation de l’ensemble des acteurs, estimant que la lutte contre les drogues relève d’une ”responsabilité collective” nécessitant une coordination renforcée et des réponses innovantes.
NSS/HB/HK/BK
