SENEGAL-AFRIQUE-ELECTRICITE
Dakar, 19 juin (APS) – Le Parlement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a, appelé, vendredi, à Dakar, ses membres à davantage intensifier le plaidoyer auprès des États et des institutions régionales allant dans le sens d’accélérer l’électrification rurale et le développement des énergies renouvelables en Afrique de l’Ouest.
”Chaque député ici présent a la responsabilité de devenir un ambassadeur des recommandations issues de nos travaux auprès de son Parlement national, de son gouvernement et de ses électeurs”, a estimé la présidente de la commission Energie et Mines de l’Assemblée nationale de la République de Guinée, Fanta conté.
“Exploiter les énergies renouvelables pour l’électrification rurale et la dynamisation des économies rurales dans la région de la CEDEAO : le rôle du Parlement” est le thème de cette rencontre délocalisée dans la capitale sénégalaise.
Mme Conté a notamment insisté sur la nécessité d’accélérer la transposition des politiques régionales sur les énergies renouvelables dans les législations nationales.
”Nous sommes désormais porteurs de recommandations stratégiques fortes que nous nous engageons à défendre au niveau de nos pays respectifs’’, a-t-elle martelé, invitant ses collègues à faire du suivi législatif et budgétaire l’expression de leur engagement.
Il s’agira, selon la députée, de ‘’faciliter l’accès au financement des projets énergétiques et de promouvoir une transition énergétique inclusive au profit des femmes, des jeunes et des agriculteurs’’.
Cette responsabilité est d’autant plus importante que près de 145 millions des citoyens de l’espace ouest-africain n’ont toujours pas accès à l’électricité.
”Moins de 12 % de nos ménages ruraux ont accès à l’électricité alors que notre région détient le potentiel solaire le plus élevé du monde”, a indiqué Mme Conté.
Il s’y ajoute que ”derrière cette statistiques se trouvent des millions de familles d’entrepreneurs, d’agriculteurs et de jeunes dont le potentiel demeure limité par l’absence de services énergétiques modernes”, a-t-elle encore fait valoir.
La parlementaire guinéenne a par ailleurs insisté sur la nécessité d’encourager des ‘’mécanismes novateurs afin de promouvoir une transition énergétique juste et inclusive qui place les femmes, les jeunes et les agriculteurs au cœur des stratégies de développement’’.

S’exprimant au nom de la délégation sénégalaise au Parlement de la CEDEAO, Guy Marius Sagna, a plaidé pour la création d’industries ouest-africaines capables de fabriquer des équipements solaires, estimant qu’un tel choix devrait favoriser le transfert de technologies en renforçant la souveraineté énergétique de la région.
”Sans électricité, point de développement ; sans électricité, point d’entreprises qui puissent compétir face aux multinationales ; sans électricité, point de prise en charge adéquate de la problématique du chômage’’, a-t-il souligné, ajoutant : ‘’sans électricité, point de soulagement des femmes au niveau des tâches domestiques’’.
Il a également appelé à une gestion plus transparente des ressources publiques et des institutions communautaires, appelant le Parlement de la CEDEAO à, “régulièrement” publier des rapports d’audit des agences et institutions de l’organisation afin de renforcer son rôle de contrôle.
”Il faut davantage lutter contre les détournements de deniers publics parce qu’on ne peut pas accepter que 145 millions d’Ouest-africains soient sans électricité et qu’au même moment, des décideurs, des responsables, des autorités, détournent l’argent de ces populations-là”, a-t-il martelé.
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