L’intégration numérique ouest-africaine au menu d’une rencontre à Dakar
L’intégration numérique ouest-africaine au menu d’une rencontre à Dakar

AFRIQUE-TELECOMMUNICATIONS

Dakar, 8 oct (APS)- Les ministres en charge des Télécommunications et du Numérique des dix pays membres du Réseau Ouest-Africain des Backbones Nationaux (ROA-BN) ont entamé jeudi à Dakar une réunion de deux jours consacrée au renforcement de l’intégration numérique ouest-africaine, avec en toile de fond l’objectif de valider une vision stratégique à l’horizon 2030.

Outre l’adoption des textes fondateurs de ce document stratégique, la rencontre devrait également déboucher sur la mise en place des différentes instances de gouvernance du ROA-BN, créé en décembre 2024 à Conakry, a-t-on appris de ses membres à la cérémonie d’ouverture dans la capitale sénégalaise.

Le Réseau Ouest-Africain des Backbones Nationaux (ROA-BN) regroupe le Sénégal, la Gambie, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée, le Mali, le Niger, la Sierra Leone et le Bénin.

Il se veut de renforcer l’interconnexion des infrastructures numériques des pays membres et à favoriser une meilleure circulation des données à l’échelle sous-régionale, indique-t-on.

S’exprimant à l’ouverture des travaux, le président du ROA-BN, Cheikh Oumar Traoré, a notamment proposé la création d’un “marché régional de la capacité numérique” allant dans le sens de faciliter la circulation des données entre les pays membres.

“Nous devons construire un véritable marché régional des infrastructures numériques. C’est dans cet esprit que je souhaite soumettre à votre appréciation une ambition structurante pour notre organisation : la création d’un marché régional de la capacité numérique du ROA-BN”, a-t-il laissé entendre.

Cette initiative devrait permettre aux États membres de “mettre en commun, valoriser et commercialiser’’ leurs capacités de transmission disponibles dans un cadre harmonisé”, a expliqué M. Traoré, également directeur général de la Société malienne de transmission et diffusion (SMTD).

Il dit attendre de cette action ‘’une baisse des coûts de connectivité, une meilleure résilience des réseaux et un accès facilité aux capacités internationales’’.

‘’La réussite de cette ambition ne dépendra pas uniquement de nos infrastructures ou de nos compétences techniques. Elle dépendra surtout de la volonté des États que vous représentez’’, a-t-il lancé à l’endroit des délégations.

Le président du ROA-BN a appelé les dix États membres à faire du réseau un “instrument de leurs politiques publiques”, insistant sur la nécessité de ‘”lever les obstacles à la circulation des capacités entre les pays, à promouvoir une gouvernance concertée des infrastructures stratégiques et à mobiliser les ressources nécessaires”.

Cheikh Oumar Traoré s’est aussi félicité de l’installation du Conseil interministériel qu’il présente comme “le plus haut organe d’orientation politique et stratégique” de leur réseau.

L’intégration numérique ouest-africaine au menu d'une rencontre à Dakar

Le ministre sénégalais des Télécommunications et du Numérique, Samba Diouf, a pour sa part présenté le ROA-BN comme une “réponse stratégique commune” à la fracture numérique dans la région.

Il a plaidé pour une harmonisation des cadres réglementaires et la mise en place d’un corridor d’infrastructures devant permettre que “la donnée ouest-africaine” transite sur le sol ouest-africain.

Samba Diouf a également appelé à des “engagements forts” concernant les feuilles de route et le financement du réseau.

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Son homologue gambien, Lamin Jabbi, a aussi insisté sur les enjeux liés à la gouvernance et à l’adaptation des politiques publiques à l’évolution technologique.

Il a exhorté les techniciens à ne pas “attendre” les décideurs politiques, en ce sens que “la technologie évolue plus vite que l’élaboration des politiques”.

M. Jabbi a également plaidé pour une “représentation harmonisée des États” dans une perspective d’assurer la continuité des travaux, même en cas de changement de responsables, ainsi que pour un “rapprochement des législations” dans le domaine des télécommunications.

Il a par ailleurs déploré le fait que des flux de trafic entre des pays ouest-africains transitent encore par l’Europe, l’Asie ou l’Amérique, estimant que le coût devait être considéré comme “secondaire” face à l’urgence de connecter les réseaux de la sous-région.

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Le directeur général de Sénégal Numérique (SENUM SA), Isidor Diouf, a levé le voile sur l’historique ROA-BN, passant de trois pays fondateurs à dix membres et deux autres candidatures en attente.

Il a cité plusieurs liaisons déjà établies, notamment entre le Mali et la Guinée, le Mali et le Sénégal, inaugurée récemment à Kidira, le Mali et la Côte d’Ivoire, ainsi qu’entre le Burkina Faso et le Ghana et entre le Niger et la frontière malienne.

M. Diouf a demandé aux ministres de porter ces différents dossiers “au plus haut niveau” afin d’accélérer le rythme des interconnexions.

MF/SMD