SENEGAL-CULTURE
Dakar, 8 mars (APS) – L’exposition intitulée ”corps résistants”, de l’artiste plasticien Abdourahmane Fall dit ”Fall’art”, présentée, samedi, au Théâtre national Daniel Sorano, met en valeur la résilience à la fois physique et spirituelle des femmes à travers une esthétique qui illustre une belle image de ces dernières.
Cette exposition organisée dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits de femmes, présente 19 œuvres, dont 14 figuratives et 5 abstraites. Elle se poursuivra jusqu’au 7 avril prochain.
L’exposition illustre également sur le plan plastique, une diversité de techniques dont la peinture acrylique sur toile, la gravure sur bois, le collage textile, le graphisme ou encore l’isomorphisme.
”La femme est magnifiée à travers un thème qui a été très bien choisi. Ce thème traduit la résilience des femmes, en parallèle avec cette production artistique, projetée à travers une esthétique qui montre une belle image de la femme”, a expliqué le directeur général de l’école nationale des arts et métiers de la culture (ENAMC), Aboubekr Thiam.
Intervenant à l’occasion du vernissage de ladite exposition, il ajoute que l’artiste démontre également, à travers sa production artistique, le ”rôle et la place fondamentale de la femme dans la société d’aujourd’hui”.
” L’artiste explore la femme à fond, à travers sa production artistique, ses combinaisons de lignes, ses formes, couleurs et expressions”, a-t-il ajouté.
Le commissaire de l’exposition, Yoro Sissoko, a de son côté, souligné que l’exposition ”corps résistants” fait aussi référence aux femmes de ”Nder”. Elles traversent l’exposition comme une ”ligne de force sous-jacente”, non comme une ”illustration historique ou une commémoration figée”.
”Les femmes de Nder, dont nous célébrons ce jour le 206ème anniversaire du sacrifice, ne sont pas représentées ici de manière illustrative, elles sont invoquées, convoquées ici comme principes actifs”, a-t-il encore commenté.
Yoro Sissoko, a souligné que ces femmes en choisissant le feu en lieu et place de l’asservissement le ”7 mars 1820, ont fait de leur corps le dernier territoire de liberté”.

”Abdourahmane Fall ne peint pas des femmes. Il restitue des présences à travers ses pigments puisés dans la terre du continent, ses gravures, ses gestes lents et précis”, a pour sa part soutenu la directrice générale du théâtre National Daniel Sorano, Oumy Diakhaté.
Elle pense que Fall’art fait quelque chose que ”peu d’artistes osent”, précisant qu’il ne commémore pas les femmes de Nder, mais les convoque plutôt, tout en les faisant entrer dans sa production artistique.
L’ artiste plasticien, Abdourahmane Fall a expliqué qu’il travaille à défendre les femmes africaines et celles du monde à travers sa démarche artistique.
”Dans ma démarche artistique, je travaille sur les femmes africaines, je défends ces femmes plus particulièrement et celles du monde entier en quelque sorte”, a-t-il dit.
”L’idée, est de rendre hommage aussi aux femmes de Nder, en essayant de magnifier et de raconter leur histoire à travers mes œuvres”, a-t-il ajouté.
Diplômé de l’ENAMC en 2019, Abdourahmane Fall, a participé à plusieurs expositions à Dakar, notamment au Centre culturel de Sacré-coeur (2014), au Théâtre National Daniel Sorano (2015), au Centre culturel régional Blaise Senghor (2018), ainsi qu’à la Biennale off de Dak’art en 2024.
Il a également été lauréat du prix des arts visuels au Festival national des arts et de la culture (FESNAC), en 2023.

AMN/AB


