SENEGAL-CAMEROUN-LITTERATURE
Dakar, 22 juil (APS) – La romancière camerounaise, Hemley Boum, a affirmé, à Dakar, que son roman ”Les Maquisards”, avait pour objectif de réhabiliter les acteurs de la lutte pour l’indépendance et la réunification du Cameroun entre 1948 et 1999, en leur redonnant une place dans un récit historique.
”En titrant ce livre +les maquisards+, il s’agissait de réhabiliter ces personnes qui ont mené cette lutte dans mon pays. Il s’agissait également de ne pas laisser quiconque les nommer”, a-t-elle déclaré, mardi, lors d’une conversation sur son ouvrage à la librairie Plumes du Monde.
L’histoire des +maquisards+ camerounais traite de la lutte armée menée par les militants de l’Union des populations du Cameroun (UPC), pour obtenir l’indépendance et la réunification du pays.
Entre 1948 et 1999, ce mouvement est passé d’un parti politique légal à une rébellion clandestine, puis a subi une longue marginalisation politique.
Ce livre était, selon Mme Boum, non seulement une façon de réhabiliter ce mot ”maquisard”, mais aussi ces personnes pour lesquelles ”cette forêt ou ce maquis était un habitat et un lieu de lutte”.
”Quand j’ai écrit le livre en l’appelant +les maquisards+, certains Camerounais m’ont dit +Mais pourquoi les maquisards ?+ C’est comme si tu insultais la mémoire de ces personnes”, a-t-elle témoigné, assurant que ce n’était pourtant pas son intention.
Elle présente plutôt le maquis comme un lieu de refuge, mais aussi une prison où les maquisards ont été assassinés. Ce maquis, d’après elle, fait également partie ”intégrante de l’indépendance camerounaise”.
L’auteure rappelle que ”Les maquisards” est un roman où la façon de structurer le récit est souvent revue dans son travail.
” (…) il faut savoir que +Les maquisards+, c’était mon troisième roman, et j’avais quand même extrêmement conscience de m’attaquer à quelque chose d’assez névralgique, à la fois dans mon histoire familiale et personnelle, mais aussi, à l’échelle de mon pays”, a-t-elle fait valoir.
Hemley Boum se félicite de l’apport des femmes dans cette lutte, rappelant qu’un combat d’une telle ampleur ne saurait pu être mené sans leur participation pleine et entière.
” (…) elles sont sujet de leur vie, de la société, pour le meilleur et pour le pire. Elles font aussi des erreurs, s’engagent, posent des actes en tant que sujet adulte, humain, dans une société à laquelle elles participent pleinement”, a ajouté la romancière.
Cet ouvrage de 389 pages a marqué la consécration de son auteure qui a reçu, en 2015, “le prestigieux Prix du livre engagé et le Grand Prix littéraire d’Afrique noire”.
Née au Cameroun en 1973, Hemley Boum est une figure incontournable des lettres africaines et francophones. Elle compte plusieurs ouvrages à son actif, notamment “Le Clan des femmes” (2010), “Si d’aimer limite la franchise” (2012), “Les Jours viennent et passent” (2019), “Le Rêve du pêcheur” (2024).
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