Les langues nationales, “un puissant levier de développement” (ministre)
Les langues nationales, “un puissant levier de développement” (ministre)

SENEGAL-SOCIETE-PERSPECTIVES

Dakar, 28 juil (APS) – Les langues nationales, “facteur d’identité” et “outil de citoyenneté”, doivent être amenées à jouer un rôle central dans la mise en œuvre des politiques publiques, aux côtés du français et des langues internationales, a réaffirmé, mardi, à Dakar, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy.

Les langues nationales constituent ”un facteur d’identité, un outil de citoyenneté, un vecteur d’innovation, un instrument de cohésion nationale et un puissant levier de développement”, a-t-il déclaré en présidant la cérémonie d’ouverture de l’atelier de validation technique du document de politique linguistique nationale.

Selon lui, la politique linguistique nationale constitue un instrument stratégique pour bâtir “un État souverain, une économie compétitive, une société juste et un capital humain de qualité”.

“Aucune nation ne peut prétendre construire une souveraineté intellectuelle, scientifique et culturelle durable sans accorder une place centrale à ses langues”, a-t-il déclaré.

Dans cette perspective, la future politique linguistique du pays vise à faire de l’ensemble des langues présentes sur le territoire national “un patrimoine commun au service de l’unité nationale, de l’inclusion sociale et de la performance du système éducatif”.

Les langues nationales, "un puissant levier de développement" (ministre)

L’élaboration d’un document de politique linguistique nationale s’inscrit dans le processus de refondation curriculaire engagé par le ministère de l’Education nationale, a rappelé M. Guirassy, selon qui les recherches scientifiques montrent que les apprentissages sont plus efficaces lorsque l’enfant est scolarisé dans une langue qu’il maîtrise dès les premières années de son parcours scolaire.

La promotion des langues nationales ne remet pas en cause la place du français ni l’ouverture aux langues internationales, notamment l’anglais, mais vise plutôt à construire un véritable plurilinguisme répondant aux exigences d’un monde globalisé, a-t-il indiqué.

Il signale que le document soumis à validation est le fruit d’un processus participatif ayant mobilisé pendant près de dix ans des universitaires, linguistes, chercheurs, administrations publiques, organisations de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers.

Cette étape de validation doit notamment permettre d’examiner la vision, les principes directeurs, les objectifs stratégiques, le statut des langues, les mécanismes de mise en œuvre, de suivi-évaluation et de financement, avant son adoption comme cadre national de référence en matière de gouvernance linguistique.

Les langues nationales, "un puissant levier de développement" (ministre)

Selon le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, Pape Malick Ndao, l’élaboration du document de politique linguistique nationale répond à la volonté de doter le Sénégal de “références cohérentes, consensuelles et durables” pour la gouvernance de son patrimoine linguistique.

“La politique linguistique se situe au croisement de plusieurs politiques publiques, notamment l’éducation, la recherche scientifique, la culture, l’administration, la justice, les médias, la transformation numérique et la décentralisation”, a-t-il rappelé.

Selon lui, la durée du processus d’élaboration s’explique par le choix d’une démarche collective, inclusive et participative, fondée sur le dialogue et la concertation, afin d’aboutir à un document partagé par l’ensemble des acteurs concernés.

Pape Malick Ndao a précisé que les travaux avaient été conduits sous la supervision d’un comité de pilotage, d’un comité scientifique et d’un comité de réflexion.

Ils ont comporté plusieurs ateliers techniques, des séances de réflexion, des validations scientifiques ainsi qu’une large phase de consultation ayant associé les ministères, les universités, les institutions de recherche, les organisations de la société civile, les acteurs culturels, les organisations professionnelles et les partenaires techniques et financiers.

MYK/BK