Les impératifs sécuritaires doivent impliquer le respect de la dignité humaine, selon Amsatou Sow Sidibé
Les impératifs sécuritaires doivent impliquer le respect de la dignité humaine, selon Amsatou Sow Sidibé

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Dakar, 15 juin (APS) – La présidente de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), Amsatou Sow Sidibé, a souligné, lundi, à Dakar, la nécessité pour les forces de sécurité de concilier les exigences de sécurité avec la protection des personnes vulnérables et le respect des droits fondamentaux.

“La sécurité ne saurait être durable et efficace que si elle est pensée et exercée dans le respect de la dignité humaine, de la légalité et des principes de justice”, a-t-elle déclaré à l’ouverture d’une session de formation destinée aux personnels opérationnels de la Gendarmerie nationale.

La formation se tient à l’amphithéâtre de l’état-major du Haut-Commandement de la Gendarmerie nationale et de la Justice militaire.

Selon Mme Sidibé, “cette formation s’inscrit dans le cadre du projet de mission d’observation, de suivi, de supervision et de formation aux droits humains, financé par l’Union européenne à travers le Programme opérationnel conjoint phase II (POC II).”

Elle vise à renforcer les connaissances et capacités des agents opérationnels en matière de droits humains, de protection des personnes vulnérables, de lutte contre la traite des personnes et de trafic illicite de migrants, ainsi qu’à promouvoir une approche fondée sur les droits humains dans les interventions sécuritaires, a-t-elle indiqué.

La présidente de la CNDH, évoquant les défis liés aux migrations irrégulières, a rappelé que “des femmes, des hommes et des enfants s’engagent dans des chemins périlleux, souvent au risque de leur vie”, soulignant que les personnels opérationnels doivent être en mesure de répondre aux impératifs de sécurité tout en garantissant la protection des personnes les plus vulnérables.

Amsatou Sow Sidibé estime que la formation devrait permettre aux gendarmes de mieux intégrer les droits humains dans leurs interventions quotidiennes, d’améliorer la prise en charge des personnes vulnérables et de contribuer à la prévention des violations des droits humains.

L’universitaire a également annoncé que dans cette perspective, des sessions similaires seront organisées dans plusieurs régions du pays, notamment à Ziguinchor, Kédougou, Saint-Louis et Thiès.

Les impératifs sécuritaires doivent impliquer le respect de la dignité humaine, selon Amsatou Sow Sidibé

Le général Papa Diouf, représentant le Haut-commandant de la Gendarmerie nationale, a fait observer que cette initiative “touche au cœur même des fondements du métier de gendarme”, rappelant que la mission première de l’institution est de protéger les populations dans le respect absolu de la dignité humaine.

“Le respect des droits humains ne doit pas être vu comme une contrainte à l’action des forces de sécurité, mais plutôt comme une marque essentielle d’efficacité”, a-t-il soutenu, estimant qu’une institution respectueuse des droits fondamentaux renforce la confiance des populations et consolide durablement sa légitimité.

D’après Papa Diouf, le module inaugural consacré à l’introduction aux droits humains et au cadre juridique de la lutte contre la migration irrégulière permettra aux participants de mieux maîtriser les instruments juridiques internationaux, régionaux et nationaux encadrant les interventions des forces de sécurité dans ce domaine.

Les impératifs sécuritaires doivent impliquer le respect de la dignité humaine, selon Amsatou Sow Sidibé

La cheffe de coopération de la délégation de l’Union européenne au Sénégal, Nathalie Brajard vom Stein, a pour sa part rappelé que les questions migratoires soulèvent des enjeux de sécurité mais également de protection des personnes.

“Derrière les statistiques et les flux migratoires, il y a avant tout des femmes, des hommes et des enfants”, a-t-elle déclaré.

Elle a insisté sur le fait que “la lutte contre les trafics et la protection des frontières doivent aller de pair avec le respect des droits fondamentaux”, deux “exigences [qui] ne s’opposent pas, [mais] se complètent” plutôt.

Aussi l’Union européenne promeut-elle une approche fondée sur les droits humains dans l’ensemble de ses partenariats, a relevé Mme Brajard, ajoutant que le renforcement des capacités des institutions “constitue une priorité du partenariat entre l’Union européenne et le Sénégal, notamment pour améliorer la protection des victimes de traite et des migrants vulnérables”.

Elle a également plaidé pour “une attention particulière aux femmes, aux enfants et aux personnes en situation de handicap, dont les vulnérabilités nécessitent des réponses adaptées.”

Les impératifs sécuritaires doivent impliquer le respect de la dignité humaine, selon Amsatou Sow Sidibé

La session de formation réunit 40 personnes opérationnels de la Gendarmerie nationale pour deux jours d’échanges et de renforcement des compétences sur les droits humains, la protection des personnes vulnérables et la lutte contre les réseaux criminels impliqués dans la traite des personnes et le trafic illicite de migrants.

ID/BK