SENEGAL-ECONOMIE-GENRE
Dakar, 1er juil (APS) – Le travail domestique non rémunéré représente 17,5 % du Produit intérieur brut (PIB) du Sénégal, a révélé, mercredi, à Dakar, la directrice de l’équité et de l’égalité de genre, citant des études récentes du ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités.
“Cette contribution invisible s’avère cruciale pour la richesse nationale. Elle équivaut à 98,5 % de la valeur ajoutée du secteur primaire, 64,3 % du secteur secondaire et 32 % du secteur tertiaire”, a détaillé Astou Diouf Guèye, lors d’un atelier national de restitution des rapports sur l’économie des soins et l’autonomisation des femmes.
“L’économie nationale ne repose pas uniquement sur les marchés et les entreprises. Elle dépend du travail de soins quotidiennement effectué par les femmes”, a souligné la directrice de l’équité et de l’égalité de genre au ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités.
Selon Mme Guèye, “90 % des femmes s’activent chaque jour dans ces tâches non rémunérées, contre seulement 54 % des hommes”, consacrant “au moins 5 heures par jour” à ce type d’activités, tandis que les hommes y dédient “environ deux heures”.
De plus, ”le taux d’activité des femmes plafonne à 47,7 % (contre 68,7 % pour les hommes), le chômage élargi en touche 32,9 % (contre 11,8 % chez les hommes) et près de 44 % des jeunes femmes se retrouvent sans emploi, études ni formation”, a-t-elle ajouté.
Mme Guèye considère que “valoriser cette économie des soins devient indispensable pour capturer le dividende démographique”.

La directrice de l’équité et de l’égalité de genre a également noté que la réduction de cette charge domestique passe par l’amélioration de l’accès à l’eau potable, à l’électricité et aux énergies propres, notamment en milieu rural.
Elle a aussi suggéré de passer par le développement d’infrastructures sociales et de structures pour la petite enfance, tout en renforçant les données statistiques pour mieux éclairer les politiques publiques.
“Au Sénégal, plus de 25,4 % des femmes sont exclues du marché de l’emploi à cause de ces responsabilités de soins. Soit une femme sur quatre”, a révélé la représentante d’ONU Femmes, Seynabou Sarr.

“On met souvent l’accent sur l’accès aux finances ou au foncier, mais pas assez sur le coût de notre inaction”, a déploré Seynabou Sarr, rappelant que “ce manque à gagner prive le pays de milliers de potentielles ingénieures, enseignantes et actrices de développement”.
L’auteur de ce rapport indique que “ces études apportent des évidences probantes qui permettront d’éclairer les décisions publiques et de promouvoir des réformes favorisant une plus grande égalité entre les femmes et les hommes”.
“Le travail de soins principalement assuré par les femmes demeure encore insuffisamment valorisé dans nos politiques publiques”, a observé le professeur Latif Dramani, président du Consortium régional pour la recherche de l’économie générationnelle.
CS/ADL/BK
