Dakar, 27 juin (APS) – Le secteur privé national et international ‘’croit encore au Sénégal’’, malgré les violences politiques survenues cette année et en 2021, a soutenu la ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération, Oulimata Sarr, mardi, à Dakar.

‘’Nous en sommes à plus de 2.000 inscriptions (le nombre de personnes désireuses de participer) pour le forum ‘Invest in Sénégal’. Cela veut dire que la communauté du secteur privé national et international croit encore au Sénégal. Elle sera là avec nous du 6 au 8 juillet’’, a assuré Mme Sarr.

Elle prenait part à un atelier consacré à la relance du Conseil présidentiel de l’investissement (CPI), qu’organisait chaque année l’APIX, l’agence chargée des investissements de l’Etat.

Selon le directeur général de l’APIX, Abdoulaye Baldé, près de 3.000 participants sont attendus au forum ‘’Invest in Sénégal’’, qui se tiendra du 6 au 8 juillet à Diamniadio, près de Dakar.

Theodor Proffe, intervenant à l’atelier au nom du G50, un groupe de partenaires économiques et financiers du Sénégal, soutient que ‘’malgré les défis énormes’’, le pays, ‘’par sa force et sa résilience habituelles, saura faire face et s’en sortira’’.

Selon Oulimata Sarr, les groupes de travail constitués pour le déroulement du forum ‘’Invest in Sénégal’’ permettront de ‘’revisiter essentiellement tous ces grands chantiers de l’environnement des affaires’’, afin d’‘’attirer […] des partenaires qui viendront investir’’ dans le pays.

Elle ajoute que les pouvoirs publics sénégalais vont présenter aux investisseurs attendus à cet événement ‘’une cinquantaine de projets’’, dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’énergie, etc.

Les groupes de travail vont ‘’se focaliser sur les réformes et les programmes’’, a dit la ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération.

Le président de la République, Macky Sall, va s’entretenir avec le secteur privé à l’occasion du forum, selon Oulimata Sarr.

Le CPI, ‘’la meilleure option’’ pour ‘’analyser les défis de l’investissement’’

Abdoulaye Baldé, lui, estime que ‘’le dialogue entre le secteur public et le secteur privé’’, à l’occasion des réunions du CPI, ‘’est sans aucun doute la meilleure option pour rapprocher les acteurs’’ économiques et financiers, afin de ‘’sceller continuellement une confiance mutuelle’’.

Le CPI est ‘’la meilleure option’’ pour ‘’identifier et analyser de manière conjointe les enjeux et défis, ainsi que les contraintes liées à l’investissement durable au Sénégal’’, a ajouté M. Baldé.

Les partenaires économiques et financiers de l’Etat se réjouissent d’‘’être associés à cette initiative dont la finalité est d’améliorer l’environnement des affaires au Sénégal et d’asseoir les bases d’un secteur privé dynamique et résilient’’, a dit Theodor Proffe.

Modibo Diop, le vice-président du Mouvement des entreprises du Sénégal (MDES), salue la relance du CPI, qui ne s’est pas tenu régulièrement durant ces dernières années.

‘’C’est l’un des cadres privilégiés d’échange entre le secteur privé national et international, les bailleurs de fonds et l’Etat sur les grandes orientations du pays’’, a souligné M. Diop.

Les organisations patronales réclamaient la relance du CPI qui, selon le vice-président du MDES, ne s’est pas tenu ‘’depuis quatre ans’’. ‘’Il y a beaucoup de questions sur la fiscalité et l’investissement’’, dont l’Etat et le secteur privé doivent discuter lors du CPI, a souligné M. Diop.

Il assure que ‘’des échanges entre l’Etat […] et le secteur privé peuvent mener à des réformes importantes’’.

L’APIX n’a pas encore fixé la date de la prochaine réunion du CPI.

Le forum ‘’Invest in Sénégal’’ se tiendra un mois après les violences politiques à l’origine de la mort de 16 personnes, selon un bilan du ministère de l’Intérieur.

Amnesty International a publié un bilan faisant état de 23 morts, tandis que Pastef, l’un des principaux partis d’opposition, parle de 30 morts.

Ces violences ont éclaté après la condamnation de son leader, Ousmane Sonko, à deux ans de prison ferme pour ‘’corruption de la jeunesse’’, au terme d’un procès pour lequel il était jugé pour viol et menaces de mort sur la demoiselle Adji Sarr.

En 2021, des violences consécutives à la même affaire judiciaire avaient fait une quinzaine de morts, selon le gouvernement.

D’importants dégâts matériels ont été notés en 2021 comme en 2023, des banques, des stations d’essence et d’autres infrastructures économiques ayant été pillées.

CS/ESF/ASG

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