Le SAMES annonce une grève de 48 heures les 8 et 9 septembre
Le SAMES annonce une grève de 48 heures les 8 et 9 septembre

SENEGAL-SANTE-HUMEUR

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Dakar, 31 août (APS) – Le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (SAMES) va observer une grève totale de 48 heures, les mardi 8 et mercredi 9 septembre, pour protester contre l’absence de réponse des autorités à la plateforme revendicative déposée en 2023, a annoncé son secrétaire général.

”Le SAMES entre officiellement en phase de lutte syndicale, et cette conférence de presse en constitue une première étape”, a déclaré Dr Diabel Dramé.

Lors d’une conférence de presse tenue lundi au siège de la Confédération générale des travailleurs du Sénégal (CNTS), à Dakar, il a rappelé que le préavis de grève du syndicat était arrivé à échéance le 9 août dernier.

”Nous avons attendu, nous avons espéré et nous avons également relancé. Malheureusement, aucune réponse plausible ne nous a été servie”, a déploré le syndicaliste.

Le processus de négociation, entamé en 2023 avec le régime précédent, avait été interrompu au premier trimestre de 2024 en raison de la situation politico-sociale du pays, a-t-il expliqué.

Selon lui, le SAMES a accordé aux nouvelles autorités ”une période de grâce” et pris part, sous l’égide de sa centrale syndicale, à l’élaboration du pacte de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable (PNSS-CID).

Cet accord conclu le 1er août 2025 entre le gouvernement, sous la houlette du Premier ministre d’alors, Ousmane Sonko, les organisations syndicales de travailleurs (CNTS, UNSAS, CNTS/FC, CSA) et les organisations d’employeurs (CNP, CNES, UNACOIS, MEDES), prévoyait d’instaurer pour trois ans un climat social apaisé afin de favoriser une économie compétitive, l’équité sociale et le travail décent.

Au cours de la conférence du SAMES, son secrétaire général a annoncé la tenue d’une réunion extraordinaire du comité exécutif national, mardi. Il est également prévu des assemblées générales de sensibilisation dans les zones et les sections, ainsi que des points de presse locaux, à partir de mercredi.

Le docteur Diabel Dramé a par ailleurs souligné qu’il sera observé le respect des urgences et du service minimum, avec le port de brassards rouges, précisant qu’une évaluation est prévue le 10 septembre, à l’issue de laquelle ‘’le bureau exécutif national prendra les décisions idoines’’.

Le secrétaire général du SAMES a appelé les médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes à ‘’l’unité, la discipline et la mobilisation’’, assurant que la porte du dialogue avec les autorités de tutelle reste ouverte.

‘’Le dialogue doit aboutir à des résultats concrets, des dates, des actes forts, des engagements chiffrés et vérifiables’’, a-t-il souligné, prônant ‘’des négociations sérieuses’’ avec ‘’des interlocuteurs décisionnaires, un agenda clair et des engagements contraignants’’.

Une plateforme revendicative articulée autour de plusieurs points

Détaillant la plateforme revendicative, Dr Ibrahima Sow, chargé de la presse et de l’information du bureau exécutif national du SAMES, a notamment cité l’élaboration d’un statut particulier pour le corps médical, le recrutement obligatoire des praticiens appelés à servir dans le secteur public, le relèvement à 40 ans de l’âge de la titularisation, l’avancement systématique dans la fonction publique et la revalorisation de la pension de retraite à hauteur de 80 % du dernier salaire.

Le chirurgien orthopédiste et traumatologue a également plaidé pour l’intégration prioritaire des contractuels exerçant dans les zones difficiles, la prise en compte des années de contractualisation et la clarification des plans de carrière.

Le SAMES exige également l’accélération de la réforme de la carte sanitaire, avec l’érection d’un établissement public de santé de niveau 2 dans chaque département et des équipements lourds, notamment des scanners et des IRM, dans chaque région. Le syndicat réclame également des ambulances adaptées, des laboratoires fonctionnels et la mise en place d’un réseau de maintenance hospitalière.

Il dénonce par ailleurs ”l’affectation intempestive des ressources humaines sans remplacement” et réclame le respect intégral des accords de 2022, l’extension des indemnités à tous les médecins du public et du parapublic, ainsi que le paiement des passifs dus aux ayants droit.

MYK/OID/ABB