Le réseau Siggil Jigeen en croisade contre les ”violences institutionnelles machistes”
Le réseau Siggil Jigeen en croisade contre les ”violences institutionnelles machistes”

SENEGAL-AFRIQUE-SOCIETE-GENRE

Dakar, 20 juin (APS)-Le réseau Siggil Jigeen a procédé samedi, au lancement d’une nouvelle initiative visant le renforcement du dialogue intergénérationnel pour réduire les “violences institutionnelles machistes”, en confortant l’engagement des mouvements de femmes.

Intitulé “Résistances féministes’’, ce projet ambitionne de renforcer les mouvements des femmes en vue de réduire les violences institutionnelles machistes et de garantir le droit des femmes à “une vie libre de violences” en Afrique de l’Ouest, selon Safiétou Diop, présidente du réseau Siggil Jigeen.

Selon Mme Diop, ce projet part du postulat selon lequel les violences de genre institutionnelles perpétrées ou tolérées par des institutions publiques (police, justice, santé) demeurent largement invisibles en Afrique de l’Ouest.

Il en résulte une “re-victimisation” dans les commissariats et les tribunaux, un accès ”entravé” à la justice (certificat médical payant, absence d’accompagnement), sans compter les violences obstétricales et gynécologiques non reconnues dans les structures de santé, a-t-elle souligné.

En réponse à cette problématique, le projet ambitionne de former 300 acteurs et actrices, d’accompagner 150 juridiquement et de contribuer à quatre réformes institutionnelles.

D’après Safiétou Diop, l’objectif poursuivi est de “générer de la connaissance et promouvoir des dynamiques collectives au sein des mouvements de femmes, afin d’opérer des changements sociaux, des réformes structurelles et une amélioration des dispositifs publics dans 9 régions du Sénégal”.

Le projet couvre également d’autres pays tels que la Gambie, la Mauritanie, le Nigéria et la Guinée Bissau.

Les violences sexistes demeurent aujourd’hui l’une des formes les plus préoccupantes de violation des droits humains, a rappelé la directrice de la famille, Rokhaya Diakhaté.

“Elles constituent un obstacle majeur à l’épanouissement des femmes et des filles, à la cohésion sociale ainsi qu’au développement durable de nos communautés”, a ajouté Mme Diakhaté.

“Face à ce défi, aucune institution ne peut agir seule”, a-t-elle indiqué, soulignant que “la prévention, la protection, la prise en charge des victimes/survivantes et la promotion de l’égalité des chances entre les femmes et les hommes exigent une mobilisation collective, multisectorielle et durable”.

A l’en croire, c’est tout le sens de ce projet qui favorise la coopération entre les acteurs institutionnels, les ministères sectoriels, les collectivités territoriales, les organisations de la société civile, les partenaires techniques et financiers ainsi que les communautés, sans oublier les médias.

Le gouvernement du Sénégal, à travers le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, demeure fermement “engagé” dans la lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles.

Elle a salué la dimension régionale de ce projet dont l’ambition est de renforcer les synergies entre les pays d’Afrique de l’Ouest, de partager les bonnes pratiques et de développer des “réponses adaptées” aux réalités vécues par les femmes et les filles de la sous-région.

NSS/BK/SBS