AFRIQUE-SANTE-PLAIDOYER
De l’envoyée spéciale de l’APS, Ndèye Suzanne Sy
Casablanca, 4 mai (APS) – Le ministre marocain de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, a appelé, lundi, à une coordination accrue entre les pays africains, en vue de construire un marché continental du médicament et des dispositifs médicaux, soulignant que l’Afrique dispose d’atouts pouvant lui permettre de renforcer sa souveraineté sanitaire.
“L’Afrique a tout ce qu’il faut pour construire sa propre souveraineté sanitaire. Ce qu’il nous manque encore, c’est la coordination”, a-t-il déclaré lors de la cérémonie officielle d’ouverture de la première édition du GITEX Future Africa, le Salon international du futur de la santé africaine.
Il a insisté sur la nécessité pour les acteurs concernés de coordonner “pour construire ensemble un marché africain du médicament et des dispositifs médicaux, parce que nos pays achètent séparément ce qu’ils pourraient négocier et produire ensemble”, a déclaré Amine Tahraoui.
Le ministre marocain de la Santé et de la Protection sociale du Maroc invite aussi ses pairs à “coordonner pour mutualiser la production vaccinale parce que la pandémie nous a rappelé brutalement ce que signifie dépendre des autres pour protéger nos populations”.
Les pays africains pourraient, de cette manière, “bâtir des systèmes épidémiologiques partagés, parce qu’un virus ne s’arrête pas aux frontières, et notre surveillance ne devrait pas s’y arrêter non plus. C’est cela, la vraie ambition africaine de cet événement”, a ajouté M. Tahraoui.
Selon lui, ces propositions trouvent leur sens dans le fait que l’Afrique, qui représente 17 % de la population mondiale, “ne capte que moins de 3 % des dépenses mondiales de santé”, un déséquilibre qui, à ses yeux, devrait être considéré comme une opportunité plutôt qu’une contrainte.
D’où la nécessité, selon M. Tahraoui d’une “action collective pour mutualiser les capacités, notamment en matière de production pharmaceutique et vaccinale”, rappelant les enseignements tirés de la pandémie de Covid-19, quant à la dépendance du continent vis-à-vis de l’extérieur en matière de couverture vaccinale et de médicaments.
Il est également revenu sur l’importance de mettre en place des systèmes épidémiologiques partagés à l’échelle africaine, relevant que les menaces sanitaires ne connaissent pas de frontières et appellent, en conséquence, à des réponses coordonnées.
M. Tahraoui a en outre évoqué l’accélération des avancées technologiques dans le domaine de la santé, en ce qui concerne notamment le rôle croissant de l’intelligence artificielle, de la télémédecine et des outils d’aide au diagnostic dans l’amélioration de l’accès aux soins et la réduction des inégalités territoriales.
Il a relevé que ces mutations posent des défis en matière de gouvernance, de régulation et d’investissement, appelant à adapter les systèmes de santé africains pour mieux prendre en compte ces innovations.
Selon le ministre marocain de la Santé, l’objectif poursuivi est de mettre en lumière la dynamique engagée par le Maroc pour se positionner en tant que hub régional de la santé, mais aussi d’offrir une plateforme d’action permettant aux différents acteurs, publics et privés, afin de nouer des partenariats concrets et de mobiliser des financements.
NSS/BK

