SÉNÉGAL-RELIGION-ECONOMIE
Gade Yelle (Tivaouane), 12 fév (APS ) -La 68-ème édition du Magal de Gade Yelle (Thiès, Ouest) a généré d’importantes retombées, insufflant une ”dynamique économique exceptionnelle” aux localités environnantes de Pékesse, Ngaye, Mékhé et Mérina Dakhar, selon le comité d’organisation de ce rassemblement religieux annuel.
Situé dans le département de Tivaouane, à 80 kilomètres de Thiès (Ouest), le village de Gade Yelle, un fief de la confrérie Mouride, accueille chaque année un rassemblement religieux dénommé Magal.
Selon Serigne Khadim Amar Mourtalla, ce rassemblement religieux s’impose désormais comme un véritable levier de développement économique local, stimulant divers secteurs d’activités, tels que le commerce, l’élevage, le transport, la restauration, l’hébergement et les métiers du bâtiment.
”Des dizaines d’opérateurs économiques de la zone ont réalisé des bénéfices significatifs, leur permettant de subvenir à leurs besoins jusqu’à la fin du mois de Ramadan”, a-t-il indiqué.
Dans le secteur du commerce, des acteurs attestent de l’ampleur de ce dynamisme économique. Le boutiquier Meïssa Diop affirme avoir vendu près de 50 bidons d’huile. Son collègue Amdy Thioune dit en avoir écoulé une vingtaine, en plus de dizaines de sacs d’oignons et de pommes de terre.
Par ailleurs, des tonnes de pommes de terre y ont été acheminées en provenance du Walo (nord), et des milliers de bouteilles d’eau et de boissons sucrées ont été vendues entre Ngaye et Pékesse.
L’événement a aussi donné un coup de fouet au secteur de l’élevage. Mbaye Dieng et Samba Sow, éleveurs, font état de la vente de dizaines de bœufs, de centaines de moutons et de milliers de poulets durant le Magal, et ce, malgré un contexte marqué par des difficultés financières et de faibles récoltes.
Des acteurs locaux qualifient d”historique” le volume des transactions financières enregistrées cette année à l’occasion du Magal de Gade Yelle.
L’événement a créé une forte demande en hébergement, favorisant la rénovation de nombreuses habitations pour accueillir les disciples. Cela a contribué à l’amélioration progressive de l’habitat dans certaines localités.
Quarante-cinq jours avant le Magal, Gade Yelle a accueilli une quarantaine d’artisans — plombiers, carreleurs, menuisiers métalliques et menuisiers bois — mobilisés sous la coordination d’Ibrahima Thiam et de Pathé Ndaw.
À Pékesse, le commerçant El Hadji Niang a vu son chiffre d’affaires monter en flèche et plusieurs quincailleries ont écoulé tout leur stock de marchandises.
Les boutiquiers Mine et Mara officiant à Pékesse, en viennent même à souhaiter la tenue d’ ”un Magal de Gade Yelle chaque jour”.
Certains estiment toutefois que le mauvais état des routes a freiné l’optimisation des retombées économiques générées par ce rassemblement annuel.
Les routes entrecoupées dans l’arrondissement de Niakhène ont, tout de même, profité aux charretiers auxquels certains fidèles mourides recouraient, pour rallier Gade Yelle.
Les taxis ont aussi tiré leur épingle du jeu, en multipliant par quatre à sept fois leurs tarifs.
De 500 à 1 000 FCFA en temps normal, ils étaient passés à 2 000, voire 3 500 FCFA pendant la période du Magal.
Le comité d’organisation appelle les autorités à réhabiliter, en urgence, la route de Ngaye Mékhé à Gade Yelle, en passant par Pékesse et Mérina Dakhar.
”Des centaines de millions de francs CFA ont été dépensés durant cette édition. Ce montant pourrait être multiplié par cinq, si les routes étaient en bon état”, estime Serigne
Khadim Amar Mourtalla.
Il a assuré que le comité d’organisation travaille en étroite collaboration avec les autorités administratives et locales, afin d’encadrer les activités commerciales, de prévenir la spéculation et de structurer durablement les retombées économiques du Magal, au-delà de sa dimension spirituelle.
Le chef religieux de Gade Yelle Serigne Khadim Amar Mourtalla a salué ”l’appui constant” des autorités étatiques à cette manifestation.
MKB/ADI/MTN

