SENEGAL-SOCIETE-CULTURE
Oussouye, 5 oct (APS) – La ville d’Oussouye (sud) a vibré au rythme de la fête du roi, dont la cérémonie officielle de clôture s’est tenue ce week-end en présence des autorités administratives locales et d’invités de marque dont docteur Rose Wardini, connue pour ses œuvres socio-sanitaires.
Communément appelée Humebeul, cette fête de trois jours a été clôturée samedi sous les yeux du roi Sibiloumbay Diédhiou.
Des danses traditionnelles, des combats de lutte et autres prestations culturelles étaient au menu de cette manifestation dont les bases reposent sur des offrandes, des sacrifices et le partage, sous la responsabilité de la reine-mère, Alis Umoy Diédhiou, responsable des femmes de tout le royaume, dénommé Bubujumay.
Ils sont venus de presque toute la Casamance, pour la plupart en tenues traditionnelles, certains jeunes étaient torse nu, comme s’ils s’apprêtaient à entrer dans le bois sacré pour une cérémonie initiatique.
Cet événement considéré comme une fête, se veut surtout un moment d’offrande, de don et de partage avec les populations, pour lesquelles des repas sont servis, ce qui fait “l’essence de cette activité”.
“Aujourd’hui, c’est le Humeubeul, un grand événement qui appartient au roi, qui préside cette fête pour la 26ème fois, c’est-à-dire depuis son intronisation. Avant, il assistait à cet événement comme un citoyen lambda, sous le règne d’autres rois. Pour certains, c’est une fête, mais en réalité, ce sont des moments de sacrifices, d’offrandes et surtout de partage. Il n y a pas de date fixe pour cette activité”, explique la reine, intronisée elle aussi en 2000, à l’âge de 14 ans, pour devenir l’épouse du roi d’Oussouye.
Elle souligne toutefois que cette fête traditionnelle et populaire se tient très souvent entre fin septembre et début octobre, en fonction des pluies et des travaux champêtres.
Avant la tenue de cet événement, le roi se met se met en retrait et organise au sein du bois sacré des cérémonies d’offrande et de prières, qui vont durer entre 14 et 15 jours, jusqu’à la sortie des tam-tams, coïncidant avec le “Bihisène”, coïncidant avec l’annonce de l’accomplissement de la mission du roi, gage de paix au sein du royaume.
A partir de là, explique la reine Alis Umoy Diédhiou, chaque personne devra sortir tout ce dont elle dispose pour faire une offrande, préparer des repas et accueillir les invités venus assister à cette fête.
“Une fête très lourde à porter”
“Avant, les gens ne se déplaçaient pas autant comme aujourd’hui, chacun restait chez soi. Mais aujourd’hui, le Humeubeul est devenu international, et c’est ce que nous aimons le plus, car si vous organisez un tel événement et que les gens ne vous répondent pas, ce sera un échec. Et moi, en tant que reine-mère, je suis responsable de toutes les femmes du royaume, ce qui veut dire que toutes les familles doivent manger à leur faim”, précise l’épouse du roi, âgée de 40 ans.

Cela fait que cette fête demande beaucoup de moyens pour la prise en charge des participants et des invités, dit la reine, qui fait recours à des partenaires pour pouvoir honorer les charges liées au Humeubeul.
Elle rappelle que depuis 26 ans, la responsabilité lui incombe de nourrir tous les invités. Il s’agit d’une fête “très lourde à porter, mais il faut assurer, parce que sans cela, toutes les offrandes ne serviront à rien et les cultures seront perdues”.
Selon Alis Umoy Diédhiou, tous ces efforts constituent un bien pour la cour royale, qui bénéficiera en définitive des retombées de ces rites.
Le roi et la reine, ajoute-t-elle, restent les garants du Humeubeul et doivent s’assurer que ces offrandes puissent être faites pour que chaque foyer soit préservé et soulagé afin que la charge soit plus légère pour la cour.

“Il faut savoir que la cour royale seule ne peut pas porter toute la charge de Bubujumay. Mais j’ai aussi le droit d’aller chercher des moyens pour compléter ce qu’on nous donne, afin de bien organiser l’événement, que les familles qui viennent ici ne manquent de rien”, souligne l’épouse du roi.
AT/BK

