SENEGAL-AMENAGEMENT-INNOVATION
Diass (Mbour), 19 juin (APS) – Le gouvernement sénégalais envisage de recourir à des procédés innovants tels que l’usage de matériaux locaux, afin de réduire significativement le coût des voiries et réseaux divers (VRD), a annoncé le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires.
Moussa Bala Fofana venait de boucler, jeudi, à Diass, dans le département de Mbour (ouest), une visite de terrain et une séance de travail consacrées à l’évaluation de nouvelles techniques de construction susceptibles d’accompagner les grands projets d’aménagement urbain initiés par l’État.
“Aujourd’hui, nous avons procédé à des tests et analysé l’ensemble des options possibles. Les évaluations montrent que les économies réalisables pourraient dépasser 50 % et même atteindre 75 % dans certains cas”, a déclaré Moussa Bala Fofana.
L’officiel a relevé que le Sénégal se trouve confronté à un déficit de logements estimé à plus de 400 000 unités, lequel déficit augmenta chaque année de près de 5 000 logements.
Selon lui, cette situation contribue à la cherté des loyers et limite l’accès à un logement décent, pour une grande partie de la population.
Pour faire face à cette problématique, le président de la République a engagé le Programme national de renouveau urbain et d’accès à l’habitat, qui prévoit notamment la réalisation de la nouvelle ville de Thiès sur une superficie de plus de 1 000 hectares.
“Ce sera un cadre de vie innovant, entièrement planifié, où tout a été pensé dans les moindres détails, du type de bâtiments à la largeur des rues, en passant par l’architecture et les équipements collectifs”, a expliqué le ministre.
Moussa Balla Fofana a toutefois souligné que le principal défi demeure le financement des infrastructures de base, notamment les routes, les réseaux d’assainissement et les autres équipements structurants, dont les coûts peuvent atteindre entre 300 et 400 milliards de francs CFA.
“Il fallait non seulement trouver une ingénierie financière adaptée, mais également réfléchir à des solutions techniques permettant de réduire considérablement les coûts”, a-t-il justifié.
Dans cette perspective, le ministère de tutelle a mobilisé plusieurs structures spécialisées, notamment la Direction de la réglementation et de la construction, l’Agence d’exécution des travaux d’intérêt public (GETIP), le Laboratoire national de référence du BTP (LNR-BTP) ainsi que des entreprises du secteur, afin d’évaluer des procédés alternatifs fondés sur l’utilisation de ressources disponibles localement.
Pour le ministre, cette démarche traduit la volonté du gouvernement de promouvoir une approche fondée sur la souveraineté technique et économique.
“Nous voulons démontrer le génie sénégalais, à travers une ingénierie financière et technique adaptée à nos réalités. Nous avons la capacité d’innover, en nous appuyant sur nos propres ressources et notre expertise nationale”, a-t-il soutenu.
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