Le documentaire ”El maestro Laba Sosseh”, projeté samedi en clôture de l’Afrika Film Festival de Wuppertal
Le documentaire ”El maestro Laba Sosseh”, projeté samedi en clôture de l’Afrika Film Festival de Wuppertal

SENEGAL-ALLEMAGNE-CULTURE

Dakar, 23 sept (APS) – Le documentaire “El maestro Laba Sosseh” du réalisateur sénégalais Maky Madiba Sylla sera projeté samedi en clôture de l’édition 2025 de l’Afrika Film Festival de Wuppertal, en Allemagne, une manifestation créée il y a dix ans à l’initiative de Cheikh Djibril Kane, historien sénégalais établi dans ce pays depuis 22 ans.

Le festival propose un programme divers de 65 films venant de plus de 20 pays africains et de réalisateurs de la diaspora.

”Samedi, c’est le dernier jour du festival, on a un invité spécial, Maky Madiba Sylla. Ça sera la première projection allemande de son film sur +El maestro Laba Sosseh+. Il y aura une petite fête pour marquer en beauté la fin du festival”, a-t-il dit dans un entretien accordé à l’APS.

Des oeuvres traitant de sujets de société liés à la politique et au patrimoine, par exemple, au programme de cette manifestation ouverte vendredi dernier.

“Les films qui sont à l’affiche sont vraiment fort intéressants, des films qui ont eu à traverser aussi d’autres horizons, qui ont fait leurs preuves dans d’autres salles”, a-t-il commenté.

Il y a, parmi ces films, “Timpi Tampa” de la Sénégalaise Adama Bineta Sow, projeté lors de la soirée d’ouverture, et “Katanga – La danse des scorpions” du Burkinabè Dani Kouyaté, lauréat de l’Etalon d’or de Yennenga au Fespaco 2025.

Cheikh Djibril Kane est revenu sur les objectifs du festival, relevant qu’il s’agit, depuis 2015 qu’il existe, de “fêter la diversité, de présenter l’Afrique comme une plateforme cinématographique, riche de par ses histoires, mais riche aussi de par les compétences diverses qui traversent le continent”.

”Le film africain n’est pas très connu en Allemagne”, a-t-il indiqué, ajoutant : “Il y a le festival de Berlin, mais aussi le festival de Cologne, certes, mais on a jugé utile depuis dix ans de faire la promotion des cinéastes, des réalisateurs africains et leur offrir une plateforme, une tribune”, pour “qu’ils viennent à la rencontre du public allemand”.

”Au début, raconte-t-il, ça se faisait dans un petit coin de la ville, maintenant, ça a parcouru toute la ville. Et c’est un festival qui fête la diversité, qui fête les films africains, qui passe dans d’autres festivals”.

C’est “un rendez-vous pour les cinéastes, et c’est un rendez-vous aussi pour les cinéphiles, qui viennent découvrir en Allemagne, ici, dans notre petite ville, mais une ville chouette, qui s’appelle Wuppertal”, “ville de passage de Engels, le compagnon de Karl Marx”, “une ville chargée d’histoire, qui fête le cinéma africain, dans sa globalité, mais aussi dans sa particularité, et surtout, dans son authenticité”.

Après ”Katanga – La danse des scorpions”, les festivaliers ont suivi la projection d’un film sur la vie du psychiatre et homme politique martiniquais Frantz Fanon, à l’occasion de son centenaire, suivie d’un débat sur sa vie et son œuvre.

”Le festival dure neuf jours, et chaque jour, on projettera un film et puis on essaiera en fonction des invités de mener un débat par rapport aux films et aux thématiques qui sont actuelles et proposées durant le festival”, a souligné Cheikh Djibril Kane.

”Le festival est une occasion de créer des moments de rencontre, pour échanger, dynamiser, voir, découvrir le cinéma africain dans sa forme naturelle, mais aussi dans sa beauté”, a insisté Kane, selon qui la manifestation, à ses débuts, fut ”accueillie d’une manière timide parce que le cinéma africain n’est pas trop bien connu en Allemagne”.

“Mais avec le temps, à force de persévérer et puis à force de se battre, on a pu l’imposer dans l’agenda municipal. Et depuis bientôt cinq ans d’affilée, ce sont les autorités municipales qui nous accompagnent”, a-t-il indiqué.

En outre, ”il y a aussi beaucoup d’Allemands qui nous soutiennent”, a poursuivi le promoteur avant d’ajouter : ”On peut dire que le festival est devenu vraiment un lieu, un endroit où, en automne, les gens peuvent voir des films africains”.

”Le cinéma, la musique, la culture en général, sont des points focaux de ralliement pour montrer que des êtres humains, dans leur diversité, sont capables de se retrouver autour des thématiques qui les réunissent”, relève Cheikh Djibril Kane.

“Le festival constitue effectivement une plateforme qui permet aux cultures de dialoguer, d’échanger, d’être en harmonie. Nous, pour la modeste contribution qu’on a pu réaliser depuis dix ans, on ne peut qu’être fier de ce que nous avons jusque-là accompli comme travail”, a-t-il conclu.

ADC/OID/FKS/BK