Tivaouane, 17 déc (APS) – Le centre de formation professionnelle de Tivaouane souffre de la diminution des frais d’inscription décidée, avant la rentrée dernière par le gouvernement, le privant d’une bonne partie de son budget de fonctionnement, a indiqué à l’APS, sa directrice Dya Ndiaye Bâ.

Les frais d’inscription de l’établissement qui étaient de 25 000 FCFA, les années passées ont été ramenés à 15 000 FCFA.

“Aujourd’hui, nous sommes incapables de fournir des blouses (aux apprenants). Les cartes d’accès ont pris  la place des uniformes, emportant ainsi la beauté des tenues uniques qui cachaient (la situation) des élèves démunies“, a confié Mme Bâ dans un entretien avec l’APS.

Les inscriptions ne peuvent plus couvrir ces charges. Les ressources de l’établissement, “devenues très insignifiantes“, selon elle, permettent juste de payer deux femmes de ménage. “C’est tellement difficile qu’on a libéré une professeure de coiffure, car on ne pouvait plus la payer“, regrette la gérante du CFP.

Elle regrette le fait qu’aucun acteur ne vient soutenir la détermination et les multiples initiatives de l’administration de l’école pour satisfaire toute cette demande de formation de jeunes qui viennent des 18 communes du département de Tivaouane. Depuis la construction en 2018 d’une classe, le conseil départemental ne se manifeste plus au centre, signale Mme Bâ.

”Quant à la mairie de Tivaouane, nous attendons encore la concrétisation de ses multiples promesses”, poursuit-elle.

”En janvier, si l’établissement n’engrange pas de ressources additionnelles, des perturbations majeures vont suivre, car le centre ne pourra plus supporter les coûts des travaux pratiques”, alerte Dya Ndiaye Bâ.

”Rien que pour la restauration, un cas pratique (nous) coûte presque 35.000 F, note-t-elle, la coiffure n’en parlons pas, (et) nous fournissons tout”.

Pour s’en sortir, l’établissement organise des cours du soir en électricité à des élèves qui n’ont pas réussi aux tests d’entrée.

Il vient aussi d’ouvrir un restaurant, pour faire face à ses multiples charges. La gestionnaire de ce restaurant et professeure de restauration Awa Péne Mbow, se dit “très confiante“, vu la détermination “totale“ de la directrice à “inverser la tendance“ et son appui au projet.

“Nous commençons bien avec les séminaires, des structures commencent à nous faire confiance et l’espoir est réellement permis”, confie cette professionnelle de la restauration, entourée de ses étudiantes, qui n’ont qu’une seule aspiration : décrocher leur diplôme et entamer une carrière dans le domaine qu’elles ont choisi.

Créé en 1972 grâce à l’appui de l’UNICEF, le CFP de Tivaouane compte aujourd’hui près de 250 pensionnaires. Il compte, cette année, 25 classes pédagogiques pour 15 salles physiques, tenues par trente professeurs.

L’établissement qui était par le passé réservé exclusivement aux filles, était pour cette raison, appelé centre d’enseignement technique féminin (CETF).  Les structures de formation de ce genre étaient les pendants, au niveau départemental, des centres régionaux d’enseignement technique féminin (CRETEF).

En 2016, une circulaire ministérielle change la dénomination des centres en centres de formation professionnelle (CFP), afin qu’ils s’ouvrent aux garçons, dans un domaine où la formation professionnelle des jeunes occupe une place primordiale.

Le CFP accueille les élèves à partir du niveau 4-ème moyen, qui peuvent en sortir avec le certificat d’aptitude professionnelle (CAP), le brevet d’études professionnelles (BEP) ou le brevet de technicien supérieur (BTS), pour intégrer le milieu professionnel et ”participer au développement du pays”, explique Dya Ndiaye Bâ.

MKB/ADI/OID

 

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