Par Modou Fall

Abéné, 15 mai (APS) – Le ”Banta Woro” (six fromagers en mandingue)  est un lieu de recueillement et de prières des populations d’Abéné, qui vénèrent cet arbre sacré centenaire comme le ”génie protecteur” de ce village du département de Bignona (sud).

Vieux de plusieurs centaines d’années, cet arbre d’une grandeur et d’une majesté incroyables est, selon la tradition locale, l’un des plus grands d’Afrique de l’Ouest.

Situé dans l’arrondissement de Kataba 1, à trois kilomètres de la commune de Kafountine, Abéné est peuplé de Mandingues, de Diolas et de Peuls.

Le tourisme est l’activité principale des populations et constitue une véritable niche d’emplois : cuisiniers, serveurs, ménagères, jardiniers, gardiens, guides.

Son port de pêche est le point de convergence de pêcheurs, de mareyeurs, de manutentionnaires, de sécheuses de poissons. Des acteurs du petit commerce sont aussi venus s’y installer pour profiter de son dynamisme économique. Un dynamisme qui a également attiré boutiquiers, quincailliers, gérants de  bars, restaurateurs et tenanciers de boites de nuit.

Le village d’Abéné, peuplé d’environ 5000 habitants, est une halte touristique pour les visiteurs du monde entier. C’est également un lieu de recueillement grâce cet arbre sacré qui trône fièrement en plein cœur du village

“Cet arbre s’appelle +Banta woro+, c’est-à-dire six fromagers, en langue mandingue. C’est un arbre sacré. C’est là où nous faisions nos cérémonies et événements. C’est ici où nous venons pour demander la fertilité. Quand une femme est en état de grossesse, c’est là où elle vient prier pour chasser les mauvais esprits et espérer pouvoir accoucher normalement”, a expliqué à l’APS le conservateur de cet arbre, Tidiane Diabang.

Le Banta Woro, ”maman protectrice” du village d’Abéné

”Cet arbre est notre maman protectrice. C’est un génie protecteur. Il a protégé nos ancêtres et continue à nous protéger. C’est ici où venaient nos ancêtres pour communiquer avec les esprits”, rappelle M. Diabang.

Seules les femmes du bois sacré sont appelées à faire des libations sous cet arbre.

“Au début, cet arbre a été caché par la forêt. Et par la grâce divine nos ancêtres ont pu le découvrir. Seules nos vieilles mamans ont ce droit d’y faire les cérémonies. Elles viennent ici pour communiquer avec l’esprit”, indique Tidiane Diabang.

Un puits dans le Banta Woro

“Il y a un puits pour l’esprit. Tout le monde ne peut pas voir ce puits. Seul un sage peut nettement l’apercevoir. Il faut être spirituellement bon pour voir ce puits”, fait savoir M. Diabang.

Il indique que “c’est cette eau du puits que les femmes du bois sacré utilisent pour faire les cérémonies et rituels”.

”Les femmes utilisent cette eau pour prier pour des personnes qui en font la demande. Beaucoup de gens viennent ici pour se recueillir et formuler des prières. Le Banta Woro est impressionnant à tous points de vue”, déclare son conservateur.

Le ”Banta Woro” qui est plus que centenaire, est aujourd’hui le sanctuaire de divers animaux, dont des singes, des oiseaux, des petits lézards, des abeilles, dit-il.

”Tous ces animaux sont sécurisés. Ils sont libres. On ne les touche pas”, assure Tidiane Diabang.

MNF/ASB/ASG

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