Thiès, 5 mai (mai) – Le projet de renforcement de l’accès équitable aux services socio-sanitaires intégré des personnes en situation de handicap (RAESS) qui sera mis en œuvre pour trois ans au Mali et au Sénégal, a été lancé vendredi à Thiès.

Le projet est financé par la Coopération italienne à hauteur de près de 2 milliards de FCFA, et sera mis en œuvre par le FNUAP, en collaboration avec le ministère de la Santé et de l’Action sociale, de 2023 à 2025 au Mali et au Sénégal. La partie sénégalaise aura droit à 881,4 millions sur l’enveloppe globale de 1,9 milliard pour appuyer les efforts du gouvernement en vue d’une prise en charge complète des personnes handicapées.

‘’Beaucoup d’efforts ont été faits par le gouvernement du Sénégal aux plans institutionnel, programmatique concernant les personnes handicapées’’, a relevé Saturné Kodio, chargé de projet à l’UNFPA, relevant que malgré tout, des ‘’défis’’ restent à relever.

Ils ont trait notamment à l’amélioration de l’environnement législatif, à l’accessibilité des édifices publics, des transports, à l’appui des personnes handicapées pour le développement d’activités génératrices de revenus, etc. Le projet s’occupera aussi des questions de formation professionnelle, de discriminations, de violences basées sur le genre.

A propos de la loi d’orientation sociale, il a relevé que l’ensemble des textes ne sont pas encore adoptés. Cet atelier devrait justement se pencher sur la finalisation de certains textes de la loi d’orientation sociale, avant de l’adopter.

Huit textes seront réactualisés lors de ce séminaire pour porter le total à 15, parmi ceux portant sur l’accès à la terre des personnes handicapées, a relevé Arame Top Sène, directrice générale de l’Action sociale au ministère de la Santé et de l’Action sociale.

M. Kodio a évoqué aussi des ‘’soucis’’ pour ce qui est de l’allocation budgétaire au profit de l’instance qui coordonne les politiques en matière de handicap.

Le projet interviendra dans les régions de Ziguinchor, Matam, Kaffrine, Kolda et Dakar, plus précisément dans la commune de Gueule Tapée-Fass-Colobane, où un projet de l’UNFPA sur le dividende démographique est déjà en cours d’exécution.

La prévalence du handicap et la présence de projets de la coopération italienne ont été déterminantes dans le choix des zones d’intervention.

Valentina Baraldi, responsable de programme à l’Agence italienne pour la coopération au développement, a salué le caractère multisectoriel du projet. Selon elle, la coopération italienne a décidé d’élargir son domaine d’intervention au-delà de l’éducation inclusive, pour toucher l’accès des personnes handicapées aux services socio-sanitaires et aux services sociaux de base, notamment pour les jeunes et les filles.

Arame Top Sène, directrice générale de l’Action sociale au ministère de la Santé et de l’Action sociale, a indiqué que des ‘’avancées’’ ont été notées au niveau de la loi. Il s’agit notamment du décret sur la carte d’égalité des chances, du décret sur les organes instituant les cartes d’égalité dans les départements et des commissions spéciales chargées de l’éducation inclusive dans les départements  et régions.

L’objectif de 50.000 cartes d’égalité des chances en 2015 a été atteint et un objectif de 800.000 cartes a été fixé pour 2026, a-t-elle dit. Actuellement, 70.510 cartes d’égalité ont été distribuées, dont 25.000 enrôlées pour les bourses de sécurité sociale, 24.000 pour la Couverture maladie universelle (CMU) et récemment le chef de l’Etat a donné une instruction pour l’‘’enrôlement intégral’’ des personnes détentrices desdites cartes.

Elle a expliqué certaines ‘’lenteurs’’ par le caractère transversal et la multiplicité des structures intervenant dans la carte d’égalité des chances et relevant de divers ministères (Justice, Transport, Famille, Développement communautaire, etc.)

L’inscription à la naissance de certaines personnes handicapées, la certification du handicap par des médecins spécialisés qui ne sont souvent pas accessibles, ou encore les problèmes de suivi sont aussi à l’origine de ces lenteurs dans l’effectivité des services offerts par ces cartes.

Le conseil présidentiel est ‘’très attendu’’ par les bénéficiaires et  partenaires pour l’effectivité de ces services, a-t-elle dit.

Moussa Thiaré, président de la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées (FSAPH), a identifié trois priorités pour l’amélioration de la situation de ses membres. La première priorité est la tenue d’un conseil présidentiel, après celle de deux conseils interministériels pour clarifier certaines instructions en vue de l’effectivité des services proposés par la carte d’égalité des chances, a-t-il dit.

La deuxième priorité concerne la mise sur pied d’une haute autorité pour coordonner les actions autour du handicap et la création d’un cadre de coordination et de mise en œuvre de la convention sur les droits des personnes handicapées. L’autre préoccupation centrale est relative à l’autonomisation économique des personnes handicapées, à travers la matérialisation de l’article 29, relatif à l’institution d’un quota de recrutement de 15% dans la fonction publique et le secteur privé.

Le dernier recensement de l’ANSD, qui remonte à 2013, faisait état de 797014 personnes handicapées, tous types confondus. Si cette tendance se maintient, ce chiffre devrait être autour de plus d’1 million de personnes handicapées, selon Saturné Kodio, qui précise toutefois que le recensement général prévu à partir du 15 mai devrait édifier sur leur nombre exact.

ADI/ASB/ASG

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