SENEGAL-PRESSE-REVUE
Dakar, 4 sept (APS) – Les suites de l’accord que le Sénégal a conclu avec le Fonds monétaire international (FMI) sont au menu de plusieurs quotidiens parvenus vendredi à l’APS, souvent en lien avec des interrogations sur d’éventuels impacts sociaux de ce qui a été convenu entre les deux parties.
Le Soleil par exemple revient sur le Plan de traitement de la dette du Sénégal, point principal de l’accord avec le FMI et qui “est loin de constituer une restructuration”, si l’on en croit El Hadj Alioune Diouf, directeur des marchés de capitaux à la direction générale des financements et de la dette.
“Le Sénégal n’a pas connu de défaut sur sa dette, on ne peut donc pas parler de restructuration”, insiste-t-il dans des propos rapportés par Le Soleil, selon lequel “le gouvernement veut reprendre le contrôle d’une dette devenue très contraignante”.
Tribune rapporte que la dette sénégalaise, “déjà classée en grande difficulté sur les marchés, a immédiatement chuté après l’annonce [de l’accord avec le FMI), signe que certains investisseurs ont été surpris par la nouvelle”.
Vox Populi, de son côté, relaie les “doutes, questions et mises en garde” du parti Pastef, majoritaire à l’Assemblée nationale. “Les Sénégalais ne doivent pas payer deux fois”, avancent les responsables de cette formation politique.
“Ils ne peuvent pas avoir subi les conséquences d’une dette qui n’a pas été correctement retracée et être demain les premiers à [en] supporter les conséquences”, ajoute-ils, estimant que la meilleure stratégie de désendettement à long terme reste une économique qui croit durablement plus vite que sa dette.
Le parti Pastef “ne lâche pas l’affaire”, relève de son côté Walfquotidien. “À l’instar de leur leader Ousmane Sonko, ses responsables, qui continuent à réclamer des réponses sur la dette, envisagent d’actionner l’Assemblée nationale pour faire toute la lumière sur cette affaire”, ajoute la même publication.
Walfquotidien pointe par ailleurs un dilemme du président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, concernant la loi de finances rectificative (LFR), le journal évoquant même un “choix cornélien”.
“Il suffira d’un claquement de doigts pour que l’Assemblée nationale rejette la loi de finances rectificative (LFR). Mais, en le faisant, Pastef et son leader Ousmane Sonko apparaitraient comme des obstacles au bien-être des Sénégalais sans pour autant empêcher le Sénégal de recevoir les 1243 milliards de francs CFA promis par le Fonds monétaire international (FMI)”, analyse Walfquotidien.
Sud quotidien, en ce qui le concerne, s’interroge sur la soutenabilité de la dette publique du Sénégal, en rappelant que le pays a déjà mobilisé 2075 milliards de francs CFA sur le marché des titres publics de l’UEMOA au 28 août 2026, “soit plus de 80% de son objectif annuel”.
“Si cette performance traduit un accès encore soutenu au marché régional, elle pose aussi la question du coût et de la soutenabilité de l’endettement public. A mesure que les besoins de financement augmentent, la priorité ne réside plus seulement dans la capacité du Trésor à lever des ressources, mais dans les conditions auxquelles ces ressources sont obtenues”, écrit Sud Quotidien.
Le quotidien L’As aborde un sujet connexe, en citant un rapport du Fonds monétaire international selon lequel le système statistique sénégalais est globalement “fiable, professionnel et largement conforme aux normes internationales […]”.
Selon le journal, ce rapport relève toutefois “plusieurs failles des statistiques publiques du Sénégal, à savoir une coordination insuffisante entre les institutions, des moyens limités dans les services sectoriels, des lacunes dans les statistiques des finances publiques et de la dette, ainsi que des problèmes de cohérence entre certains ensembles de données”.
Sur la base de ce constat, FMI recommande de renforcer le rôle de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) et d’institutionnaliser le rapprochement des données macro-économiques, indique L’As.
D’un sujet à l’autre, Sud Quotidien évoque les réformes institutionnelles et la ”crise au sommet de l’Etat”. “29 mois après l’alternance, les grandes promesses de rupture portées par le duo Diomaye-Sonko peinent toujours à prendre forme”, fait observer le journal.
Il ajoute : “Entre réformes au ralenti, engagements en suspens et rupture politique au sommet de l’Etat, le ‘Projet’ de 2024 semble aujourd’hui confronté à son plus grand défi : passer des promesses à la réalité”.
BK
