Dakar, 18 jan (APS) –  La publication au Journal officiel de la République française d’un décret officialisant la perte de la nationalité française de Karim Meïssa Wade alors qu’un recours tente de faire invalider sa candidature à l’élection présidentielle du 25 février pour cause de double nationalité est au menu des quotidiens reçus jeudi à l’Agence de presse sénégalaise (APS).

‘’Sont libérés de leur allégeance à l’égard de la France les Français dont les noms suivent : (…) Wade (Karim, Meïssa), né le 01/09/1968 à Paris 15e (75015)’’, rapporte le journal officiel français en date du mercredi 17 janvier 2024.

Le candidat Thierno Alassane Sall a introduit un recours au Conseil constitutionnel demandant l’invalidation de la candidature de Karim Wade pour cause de double nationalité, sénégalaise et française alors que la Constitution postule que ‘’tout candidat à la présidence de la République doit être exclusivement de nationalité sénégalaise’’.

‘’Karim Wade a renoncé, à la dernière minute, à sa nationalité française. La décision qui a été publiée hier dans le Journal officiel français n’a été signée que le 16 janvier dernier, par le ministère de l’Intérieur français et contresignée par le tout nouveau Premier ministre Gabriel Attal. Alors que le Conseil constitutionnel a validé sa candidature depuis bientôt une semaine, au moment où le renoncement n’était pas encore officiel’’, note WalfQuotidien, qui affiche à la Une : ‘’Karim se joue de tout le monde’’.

Pour Source A aussi, M. Wade ‘’s’est joué’’ de tout le monde, sa candidature étant validée ‘’sur la base d’une déclaration sur l’honneur ô combien suspecte’’.

L’Observateur y va avec un jeu mot et parle de ‘’Krim (im)parfait’’ en s’interrogeant sur l’impact du décret français sur la décision attendue du Conseil constitutionnel.

‘’Au moins, une partie du débat est clos. Karim Wade est déchu de sa nationalité française. Il reste maintenant à savoir si la publication, hier, du décret français l’attestant aura un impact sur la décision des sept sages, attendue au plus tard le 20 janvier’’, dit L’Obs.

Selon Le Quotidien, ‘’Karim Wade établit la preuve de son mensonge’’. Le journal qui affiche à la Une ‘’Le Krim (im)parfait’’ souligne que ‘’Karim Wade a été déchu de sa nationalité française le 16 janvier alors qu’il avait signé une déclaration sur l’honneur indiquant qu’il était exclusivement de nationalité sénégalaise, conformément aux lois du Sénégal’’.

Le quotidien Bës Bi signale que ‘’les avis des spécialistes divergent’’ sur cette ‘’renonciation’’ de Karim Wade à sa nationalité française. ‘’Ça va dans tous les sens. Karim a officiellement renoncé à sa nationalité française. Et le décret a été publié, hier, dans le Journal officiel français. Ce, après qu’il ait déclaré sur l’honneur n’avoir que la nationalité sénégalaise. La polémique enfle. Des spécialistes ne parlent pas le même langage’’, souligne le journal.

En publiant ce décret, le dernier jour de dépôt des recours au Conseil constitutionnel contre les candidatures, ‘’la France force la porte de la présidentielle pour Karim Wade’’, selon Vox Populi. Thierno Alassane Sall, à l’origine de ce recours, dénonce ‘’une immixtion flagrante de la France et une solidarité agissante entre les tenants de la Françafrique et du néocolonialisme’’, rapporte le journal.

Dans cette affaire, ‘’Karim Wade mouille Amadou Ba’’, le Premier ministre, note le quotidien Kritik. Pour le fils de l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade, ‘’cette polémique stérile et dangereuse (est) alimentée par Thierno Alassane Sall pour gagner en visibilité et agissant pour le compte du très peu courageux Premier ministre Amadou Ba, spécialiste des coups bas (….)’’, selon Karim Wade dont les propos ont été rapportés par le journal.

”La machine s’emballe !’’, s’exclame EnQuête. ‘’En attendant la bataille des programmes, les candidats se livrent un combat épique sur fond de contentieux des listes électorales devant le Conseil constitutionnel. Alors que Thierno Alassane Sall tente de faire de Karim Wade son punchingball, ce dernier essaie de le minimiser pour cogner directement sur le PM Amadou Ba qu’il accuse d’être derrière. Pendant ce temps, Sonko recadre les recalés et autres encagoulés qui utilisent son nom sans son consentement’’, écrit le journal.

Pour le quotidien L’As, il revient maintenant aux ‘’7 Sages’’ du Conseil constitutionnel de ‘’jouer’’. ‘’Le Conseil constitutionnel a reçu officiellement 3 recours de candidats contre d’autres en lice pour la présidentielle. Ainsi, à l’issue des 48 heures consacrées à la réception des réclamations, la juridiction va étudier dans les deux jours suivants les dossiers avant de publier, le 20 janvier, la liste définitive des candidats au scrutin de février prochain’’’’, dit le journal.

OID/AB

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