SENEGAL-SOCIETE-ANALYSE
Dakar, 19 nov (APS) – La période comprise entre 2021 et 2024 a été marquée au Sénégal par “une rupture sécuritaire” ayant transformé les crises isolées en un système de menaces interdépendantes, estime le Mouvement contre les armes légères en Afrique de l’Ouest (MALAO).
“La période 2021-2024 est marquée par une rupture sécuritaire transformant les crises isolées en un système de menacés interdépendantes. L’insécurité se déploie selon trois vecteurs majeurs, chacun exploitant des vulnérabilités frontalières spécifiques”, a déclaré Mouhamed Lamine Diatta, responsable administratif et financier de cette ONG.
Il intervenait mardi au cours d’un atelier de partage des conclusions du monitoring des violences armées au Sénégal entre 2021 et 2024.
M. Diatta a mis l’accent sur la crise socio-politique survenue au Sénégal entre 2021 et 2023, la situation en Casamance, la région méridionale du pays, et le crime économique transnational.
Selon lui, les données chiffrées recueillies par le MALAO illustrent “la létalité et l’impact économique des menaces” sécuritaires.
S’agissant des violences politiques, il a indiqué qu’elles ont occasionné 65 à 80 morts entre 2021 et 2024, avec principalement des victimes jeunes âgées entre 15 et 30 ans.
Les régions de Dakar, Thiès et Ziguinchor ont été les localités les plus touchées par ces violences.
Pour le vol de bétail, le Mouvement contre les armes légères en Afrique de l’Ouest (MALAO) dit avoir dénombré 65 morts d’éleveurs ou d’agriculteurs dans les régions de Louga et Kolda.
Il a de même enregistré 28 morts (militaires et civils) en Casamance, dans les régions de Ziguinchor et Sédhiou, en lien avec le conflit localisé dans cette partie méridionale du pays.
“Après le pic politique de 2023, la fin de l’année 2024 a montré une professionnalisation des Groupes criminels organisés (GCO), avec des braquages impliquant des groupes nombreux (jusqu’à 15 assaillants) et l’usage d’armes légères et de petit calibre (ALPC). Ceci est une mutation d’une violence opportuniste (armes blanches) à une violence organisée et armée”, souligne le responsable administratif et financier du MALAO.
Il a par ailleurs révélé que plus de 800 fusils de chasse et 50 fusils d’assaut de type AK-47 ont été saisis entre 2021 et 2024.
Concernant les perspectives de son travail de monitoring, le MALAO envisage de cibler les spécificités régionales des menaces dans le cadre de sa stratégie de travail pour 2025-2026.
Dans cette optique, “le problème frontalier” reste une priorité, a indiqué Mouhamed Lamine Diatta.
“Il y a une tension frontalière palpable en ce moment au Sénégal. Donc, il faudrait qu’il y ait une coopération entre pays. C’est seulement cela qui permettra de stopper ce saignement au niveau sécuritaire qui pose problème au Sénégal. Il y a de plus en plus d’armes”, a-t-il insisté.
La sécurité n’étant cependant pas l’affaire des seules forces de défense et de sécurité, “nous devons tous veiller les uns sur les autres”, mais aussi “apprendre à collaborer avec les forces de défense et de sécurité”, les seules mandatées pour des actions de sécurisation.
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