Ziguinchor, 23 mai (APS) – La filière anacarde est insuffisamment exploitée au Sénégal, en raison de l’exportation des noix de cajou à l’état brut, a déploré, jeudi, à Ziguinchor (sud), le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop.

“La filière anacarde est malheureusement insuffisamment exploitée dans notre pays, en raison de l’exportation à l’état brut” des noix de cajou, a regretté Serigne Guèye Diop.

Le ministre de l’Industrie et du Commerce s’exprimait en marge d’un comité régional de développement (CRD) spécial consacré à la campagne de commercialisation de l’anacarde au titre de l’année 2024, en présence du gouverneur de Ziguinchor, Mor Talla Tine.

 Il a rappelé que c’est la base de ce constat, que l’État du Sénégal avait “pris, sur proposition des acteurs de ladite filière […], une mesure portant + interdiction d’exporter le cajou par voie terrestre +”. Cette mesure avait été prise au cours d’un comité régional de développement tenu à Sédhiou, en juillet 2017, a-t-il précisé.

Il s’est félicité de ce que “cette mesure a permis au Sénégal d’être considéré, non plus comme un simple producteur d’anacarde, mais aussi comme un pays exportateur de noix de cajou brutes sur le marché international”.

Selon lui, la transformation de l’anacarde demeure toujours très marginale”, ne représentant que “moins de 3% de notre production locale”.

“Pour faire face à cette situation et renforcer notre dynamique de valorisation industrielle de l’anacarde, l’État du Sénégal a initié et mis en œuvre deux importants projets qui sont pilotés par mon département : le Projet de l’agropole sud (en cours d’installation) et le Projet d’appui à la compétitivité de l’anacarde sénégalaise (PACAS)”, a-t-il signalé.

Il déclare que “le PACAS a mis à la disposition des acteurs de l’Interprofession cajou du Sénégal (ICAS) divers outils et équipements de renforcement et de promotion de la valorisation locale de l’anacarde au titre de l’année 2023”.

“A titre illustratif, deux lignes modernes de transformation d’anacarde d’une capacité de production de 500 kg d’amande par jour et par ligne sont en cours d’installation à Simbandi Balante (région de Sédhiou) et à Ziguinchor, notamment au quartier Cadior”, a-t-il informé.

Il a promis que ces lignes seront complétées avant la fin de l’année 2024 par quatre autres lignes modernes de transformation d’une même capacité de production d’amande.

“D’année en année, nous constatons une importance de la filière anacarde pour l’économie de la région naturelle de la Casamance, qui représente, à elle seule, plus de 95% de notre production nationale d’anacarde”, s’est réjoui le ministre de l’Industrie et du Commerce.

 De même, a-t-il ajouté, “ces résultats très satisfaisants nous ont aussi permis de constater que la plupart des objectifs préalablement fixés et poursuivis à travers ladite mesure sont sur le point d’être réalisés”.

“Il y a aujourd’hui une augmentation substantielle des exportations d’anacarde qui sont passées respectivement de 31 871 tonnes en 2018 à 148 443 tonnes en 2023, soit une augmentation en valeur relative de 366 % […]”, a-t-il magnifié.

Il relève également “une meilleure organisation des acteurs de la filière anacarde avec notamment la mise en place de l’Interprofession cajou du Sénégal (ICAS) depuis le 28 août 2021”.

 La filière peut aussi se prévaloir de “la création de milliers d’emplois et d’importants revenus générés durant la période de commercialisation des noix de cajou au profit des jeunes et des femmes de la zone”. S’y ajoute “une disponibilité de données fiables, notamment celles liées à l’exportation, pour une meilleure élaboration de nos politiques de développement économique et sociale”.

Toutefois, “en dépit des différents résultats positifs enregistrés depuis 2018, il convient de noter que d’importants défis subsistent encore”, a-t-il prévenu.

Il en est ainsi, selon lui, “du développement de la transformation semi-industrielle et industrielle de l’anacarde et de ses produits dérivés, gage d’un levier de création de valeur ajoutée pour l’économie locale, mais aussi de création d’emplois durables pour les jeunes et les femmes de notre pays”.

“Le pôle de la région naturelle de la Casamance centralisera des unités de transformation de la mangue en divers produits (jus, marmelade, mangue séchée, vinaigre, pulpe) et d’autres produits forestiers tels que le « madd » et la noix d’anacarde, pour ne citer que ceux-là”, a-t-il terminé.

MNF/ASG/BK

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