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Dakar, 20 août (APS) – Le projet de loi relatif à la protection des infrastructures d’information critiques et à la sécurité numérique représente avant tout “un texte de souveraineté et d’unité nationale”, au regard de l’évolution des menaces sécuritaires, a estimé la députée Maïmouna Dieng, jeudi, lors de la plénière de l’Assemblée nationale consacrée à l’examen de ce texte.
“Ce texte est un texte de souveraineté nationale”, a déclaré la députée membre du groupe parlementaire majoritaire Pastef-Les Patriotes.
La députée a fait observer que les infrastructures stratégiques peuvent désormais être ciblées sans attaque physique, à travers leurs systèmes d’information, avec des conséquences sur les réseaux électriques, les télécommunications, les systèmes bancaires, les administrations ou les données stratégiques de l’État.
“La frontière entre sécurité et numérique devient donc de plus en plus étroite”, a-t-elle relevé, estimant que “protéger nos infrastructures d’information critiques, c’est tout simplement protéger la nation”.
Maïmouna Dieng a toutefois appelé à élargir à d’autres secteurs comme les télécommunications et les transports le projet de loi n°25/2026 soumis aux députés.
Les banques, l’eau, les mines et les grandes infrastructures industrielles sont des secteurs qui doivent également être visés par ce texte, selon la parlementaire.
Elle a notamment souligné qu’une centrale électrique ou une installation minière pouvait être physiquement bien protégée tout en restant vulnérable à une attaque visant ses systèmes numériques de contrôle et de commande.
“Nous devons désormais penser ensemble sécurité physique, sécurité industrielle et cybersécurité”, a-t-elle préconisé.
La députée a également insisté sur la nécessité de renforcer la souveraineté numérique du Sénégal, notamment à travers l’hébergement sur le territoire national des données produites ou détenues par les services de l’État’
Elle s’est toutefois interrogée sur les capacités nationales disponibles pour garantir cette souveraineté, notamment en matière de centres de données sécurisés, d’expertise, de technologies et de prestataires spécialisés.
“Nous devons éviter de proclamer notre souveraineté numérique dans la loi tout en restant technologiquement dépendants de l’étranger pour la garantir”, a-t-elle averti.
Pour y parvenir, elle préconise une politique nationale de développement des compétences en cybersécurité, avec une implication accrue des universités, des écoles d’ingénieurs et des centres de recherche, ainsi que le développement d’entreprises sénégalaises spécialisées dans ce secteur stratégique.
Maïmouna Dieng a enfin demandé au gouvernement de préciser les moyens techniques et financiers accordés à l’Autorité nationale chargée de la cybersécurité et les dispositifs prévus pour protéger les infrastructures énergétiques, minières, de télécommunications et industrielles stratégiques.
Elle a également plaidé pour le développement d’une véritable industrie sénégalaise de la cybersécurité afin de réduire progressivement la dépendance technologique du pays.
AN/BK
