Kolda : la grève générale a impacté l’administration locale et le secteur de la santé (syndicalistes)
Kolda : la grève générale a impacté l’administration locale et le secteur de la santé (syndicalistes)

SENEGAL-SOCIETE-HUMEUR

Kolda, 10 juil (APS) – La grève générale de 24 heures décrétée par le grand front intersyndical a été largement suivie ce vendredi à Kolda (sud), paralysant les services administratifs des collectivités territoriales et les structures sanitaires, a constaté le correspondant de l’APS.

Selon Ibrahima Koïta, secrétaire général de l’Intersyndicale des travailleurs des collectivités territoriales de Kolda, la mobilisation est totale dans les mairies et les conseils départementaux de la région.

Les travailleurs de la fonction publique locale dénoncent le non-respect des engagements financiers de l’État.

”Nous réclamons la mise en œuvre effective de la fonction publique locale, un dossier en suspens depuis 2025, ainsi que le respect du pacte de stabilité sociale signé en mai 2024”, a-martelé M. Koïta lors de cette première journée de grève générale observée par les syndicalistes.

Le responsable syndical a fustigé le défaut de versement des enveloppes de dotation de la décentralisation, estimées à 1,5 milliard de francs CFA pour 2025 et 1,6 milliard de francs CFA pour 2026. Ces montants devaient permettre d’absorber les revalorisations salariales des agents locaux, a-t-il ajouté.

”Nous savons que le mouvement impactera les populations, mais la grève reste notre seule arme pour [faire valoir] nos droits, et face à cette situation, les autorités portent l’entière responsabilité”, a déclaré M. Koïta.

Du côté du Front syndical pour la défense du travail des acteurs de la santé, la paralysie est également manifeste. Les hôpitaux fonctionnent au ralenti, se limitant aux urgences.

Kolda : la grève générale a impacté l'administration locale et le secteur de la santé (syndicalistes)

Pour Issa Touré, responsable de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS) à Kolda, ce mouvement national rassemble entre 12 et 15 centrales syndicales déterminées à briser ”le mur du silence” de l’État.

”Cette grève générale est une réponse à la sourde oreille des autorités face à nos revendications, qui durent depuis des années. Nous combattons les licenciements abusifs, [défendons] le maintien des acquis sociaux, le paiement des indemnités de logement et [appelons] à une révision profonde de certaines dispositions du Code du travail et de la prévoyance sociale”, a précisé M. Touré.

Bien que le front intersyndical se dise prêt à répondre aux appels au dialogue du gouvernement, ses dirigeants locaux préviennent que toute suspension des actions reste conditionnée à des propositions ”concrètes et mesurables” en faveur des travailleurs.

MG/ASB/MTN