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Ndiassane, 9 sept (APS) – Porte-parole attitré du khalife général des khadres, Cheikh Bouh Sidy Moctar Kounta, Khalifa Ababacar Kounta s’est imposé comme l’une des figures les plus respectées de la confrérie.
Alors que Ndiassane s’apprête à accueillir son Gamou annuel, jeudi, le porte-parole est au cœur des préparatifs.
Fils de Mohammed Abdallah Kounta, un demi-frère de Bachir Kounta, défunt journaliste qui officiait à la Télévision publique (RTS), Khalifa Ababacar Kounta, porte-parole depuis 10 juin 2023, incarne à la fois continuité et renouveau dans la mission de porter la voix de Ndiassane.
Il est une pièce maîtresse de l’attelage confrérique de Ndiassane, alliant rigueur, aisance oratoire et fidélité dans la transmission du message du khalife.
À travers lui, Ndiassane fait entendre une voix qui apaise, lorsqu’il faut rassurer, mais il sait aussi durcir le ton quand les intérêts de la communauté l’exigent.
Sentinelle de la dignité de Ndiassane
Au-delà des orientations spirituelles, ses prises de parole abordent diverses préoccupations des fidèles, y compris celles d’ordre sanitaire.
Plus d’une fois, Khalifa Ababacar Kounta a insisté sur la nécessité de doter Ndiassane d’un centre de santé digne de son rang.
Dans une rhétorique ferme, mais mesurée, il appelle à une responsabilité collective.
Il s’étonne, notamment, de ce que malgré l’ampleur de ce rassemblement religieux qui regroupe chaque année des milliers de disciples khadres, “l’État ne consacre que 12 millions de francs CFA à l’achat de médicaments”, pour la couverture sanitaire de l’évènement.
Pour le porte-parole de Ndiassane, une telle somme est “dérisoire, au regard des besoins réels”.
“L’État doit tout faire, insiste-t-il, pour que les populations ne manquent de rien”.
“Ndiassane n’appartient pas seulement aux Kounta ni même au Sénégal, aime-t-il rappeler. Ndiassane est une maison ouverte, qui accueille chaque année des foules venues du Mali, de la Guinée, de la Guinée-Bissau, de la Mauritanie, de la Côte d’Ivoire et d’ailleurs”.
“Peut-on raisonnablement recevoir des milliers de pèlerins sans disposer d’une structure de santé adaptée à leurs besoins ?”, se demande-t-il, presque étonné.
Au-delà de dénoncer un manque d’infrastructures de base, ses interpellations sont un vibrant plaidoyer pour la dignité et le prestige de Ndiassane, un foyer spirituel de dimension sous-régionale, mais aussi le symbole d’une communauté qui mérite respect et considération.
Une diplomatie religieuse active
Sous l’égide de Cheikh Bouh Mactar Kounta, Khalifa Ababacar Kounta incarne aussi une diplomatie religieuse active en direction des autres foyers confrériques.
Il y a quelques mois, lors d’une visite de courtoisie du nouveau khalife de Pire, Serigne Papa Abdou Cissé, au khalife général des Khadres à Ndiassane, Khalifa Ababacar Kounta a révélé son talent de médiateur et de diplomate.
Plus récemment, il a également marqué les esprits à Thiénaba, lors de sa rencontre avec Serigne Assane Seck, par sa capacité à construire des ponts de respect et de fraternité au-delà des cercles immédiats de la famille Kounta.
MKB/ADI


