SENEGAL-SOCIETE
Kédougou, 5 mai (APS) – Le directeur régional Timbuktu Institute, Bakary Sambe, milite pour une plus grande implication des communautés locales dans le renforcement de la résilience face aux menaces liées à l’extrémisme, à travers des campagnes de sensibilisation auprès des leaders communautaires, religieux et traditionnels.
Une telle stratégie vise à créer un cadre de “dialogue éclairé” en mobilisant les communautés comme piliers de la construction d’une résilience communautaire face aux menaces de l’extrémisme violent, a-t-il indiqué.
Le directeur régional Timbuktu Institute a fait cette proposition, lundi à Kédougou, dans le cadre de la mise en œuvre des activités du projet SEN Résilience II, intitulé “Renforcement de la résilience des populations et acteurs locaux dans la région de Kédougou et de Tambacounda au Sénégal face aux menaces de l’extrémisme violent”.
Cette initiative de la Fondation Konrad Adenauer, consistant en sessions de dialogues interreligieux, est mise en œuvre avec l’appui de l’Union européenne, en collaboration avec le Timbuktu Institute, centre de recherche africain pour la paix dirigé par M. Sambe.
“Ces dialogues se tiennent dans un contexte régional complexe avec des dynamiques transfrontalières qui remettent à l’ordre du jour l’importance de l’implication des communautés dans le renforcement de la résilience”, a-t-il déclaré lors d’une session avec des leaders religieux, traditionnels et communautaires de Kédougou, autour du thème “Dialogue interreligieux pour la consolidation de la cohésion sociale”.
L’adjoint au gouverneur de Kédougou chargé du développement, El Hadji Mouhamadoul Moustapha Gaye, a présidé cette session, en présence de la quatrième adjointe au maire de la ville de Kédougou, Bintou Diawara, et de la cheffe de projet SENRESILIENCE II, Wolly Lo.
Selon Bakary Sambe, l’objectif attendu est d’impulser une dynamique de renforcement du potentiel des leaders religieux et traditionnels dans un environnement régional nécessitant des initiatives de prévention active et d’anticipation, au regard des défis transfrontaliers dans les régions est du Sénégal.
“Les régions de l’est du Sénégal, tout en constituant un espace de coexistence pacifique remarquable, n’en demeurent pas moins exposées à divers défis socioreligieux et sécuritaires que les travaux de terrain du Timbuktu Institute ont soigneusement documentés entre2022 et 2024”, a-t-il expliqué
M. Sambe a souligné que ces mêmes recherches ont par ailleurs mis en lumière le rôle central que jouent les leaders religieux et coutumiers comme voix légitimes et autorisées dans la prévention des conflits et de l’extrémisme violent.
“Fort de ce constat, et en s’appuyant sur les recommandations des différents rapports sur les zones frontalières, le Timbuktu Institute propose à travers ces sessions de renforcer les capacités des leaders religieux, traditionnels et communautaire en matière de mobilisation et de sensibilisation”, a-t-il dit.
Le Timbuktu Institute prône aussi la sensibilisation des leaders et leurs communautés sur la centralité de leur rôle dans le renforcement de la résilience, tout en travaillant à faciliter le dialogue intercommunautaire et socioreligieux afin de mieux l’ancrer dans les initiatives locales et endogènes de renforcement de la cohésion sociale.
La promotion de la valorisation pratique des mécanismes endogènes en matière de prévention des conflits, la création et la pérennisation des plateformes d’échange et de concertations régulières capitalisant sur les bonnes pratiques font également partie de cette stratégie, a ajouté Bakary Sambe.

La cheffe de projet de projet SEN Résilience II a appelé au dynamisme et à “une coordination parfaite” des initiatives communautaires, mais aussi à élaborer une synergie globale d’identification des défis sécuritaires.
“Le défi, c’est de vraiment d’être avec les communautés, les accompagner tout en sachant qu’elles ont leur propre expérience de culture de la paix et de cohésion sociale mais aussi de règlement de conflits à travers l’arbre à palabre. Nous voulons véritablement un engagement des communautés auprès de tous les acteurs”, a insisté Wolly Lo.

L’adjoint au gouverneur El Hadji Mouhamadoul Moustapha Gaye a invité les guides religieux et l’ensemble des acteurs concernés par cette formation à s’approprier les outils qui seront mis à leur disposition dans le cadre de ce dialogue interreligieux
“C’est dire que la paix est l’affaire de tous, et que chacun de nous doit s’y mettre. Nous invitons les acteurs à être plus conscients de leur rôle et de leurs responsabilités en termes d’activité et de sensibilisation pour la consolidation de la paix sociale”, a-t-il exhorté, tout en félicitant les initiateurs de ce dialogue interreligieux.
PID/ABD/BK

