SENEGAL-AFRIQUE-ECONOMIE
Dakar, 5 mai (APS) – L’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) du Sénégal et la Banque mondiale ont entamé, lundi, à Dakar, une formation internationale sur ‘’la gestion des contrats de travaux’’, dans le but de ‘’mutualiser les connaissances’’ liées à ce concept et les faire comprendre davantage aux ingénieurs-conseils.
Cette formation de cinq jours (4-8 mai) est destinée à des spécialistes de la commande publique de 11 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre.
‘’En tant qu’autorité publique, nous avons la responsabilité de permettre à nos agents impliqués dans la mise en œuvre des procédures d’avoir une maîtrise’’ de ces contrats, a dit le directeur général de l’ARCOP, Moustapha Djitté.
Cette formation est nécessaire dans la mesure où les bénéficiaires négocient, pour les pouvoirs publics, ‘’des contrats plus complexes les uns que les autres’’, d’après M. Djitté.
‘’Si nous sommes dans un contrat dont le partenaire a une meilleure maîtrise et une meilleure compréhension que nous de la suite, l’efficacité de l’action d’investissement de l’État risque d’être sérieusement compromise’’, a-t-il souligné.

Le directeur général de l’ARCOP, Moustapha Djitté
Il devient nécessaire, dès lors, de former ces experts à la gestion des contrats de travaux dits FIDIC, qui sont ‘’très complexes’’.
Les contrats FIDIC – de la Fédération internationale des ingénieurs-conseils – sont des modèles standards de contrats de construction, de référence internationale, pour les grands projets d’ingénierie. Ils se caractérisent par une répartition équilibrée des risques, des rôles clairs entre l’employeur, l’ingénieur et l’entrepreneur, et l’usage fréquent de l’arbitrage pour résoudre les litiges.
‘’C’est dans l’exécution que nous avons particulièrement des difficultés, surtout quand il y a des incidents par rapport à l’exécution ou une modification de la loi sous l’emprise de laquelle le contrat a été passé et souscrit’’, a souligné le directeur général de l’ARCOP.
Des différends peuvent survenir lors de l’exécution de ces contrats, selon lui. M. Djitté pense qu’il faut, pour la formation de cinq jours, ‘’mettre l’accent’’ sur le renforcement de l’expertise.

Messan Kouami, un responsable de la passation des marchés à la Banque mondiale
‘’Dans nos projets, la performance ne se mesure pas uniquement à la signature d’un contrat ou au lancement des travaux. Elle se mesure à la capacité collective à livrer des résultats concrets, dans le respect de la qualité attendue, des délais convenus et des coûts maîtrisés’’, a expliqué Messan Kouami, un responsable de la passation des marchés à la Banque mondiale.
‘’Il peut arriver que les interprétations des clauses ne soient pas bien faites, que des problèmes de gestion des risques surviennent ou des modifications au terme d’un contrat n’étant pas bien effectué. Il peut y avoir des paiements générant des surcoûts, des prolongations de délais ou encore des traitements de réclamations’’, a-t-il signalé.
‘’La formation FIDIC a été rendue possible, grâce à un accompagnement de la Banque mondiale, qui est le plus grand contributeur de l’Afrique de l’Ouest et du Centre avec 355 projets actifs, pour un montant total de 58 milliards de dollars […] En outre, il y a 72 projets dans le pipeline de prêts d’une valeur de 12 milliards de dollars’’, explique l’ARCOP dans une note parvenue à l’APS.
Ces montants importants exigent ‘’une gestion minutieuse et efficace’’, ajoute-t-elle, estimant qu’il faut, ‘’pour cela, une parfaite maîtrise des procédures de la Banque mondiale’’.
‘’Une bonne gestion des contrats s’impose pour respecter les délais, éviter les défaillances et continuer à bénéficier de la confiance et de l’appui des partenaires techniques et financiers’’, souligne l’ARCOP.
MFD/ESF

