SENEGAL-RELIGION-ECONOMIE
Kaolack, 11 sept (APS) – A Médina Baye, cité religieuse de la commune de Kaolack (centre), le Mawlid ou Gamou, commémorant la naissance du prophète Mouhammed, et le Gamouwatt, marquant le septième jour de sa naissance, ne sont pas seulement des moments de ferveur et de recueillement religieux. Ils constituent également une période de forte activité économique.
A l’occasion de ces événements religieux, cette localité considérée comme la capitale de la Faydatou Tidjania devient un véritable carrefour économique, une situation matérialisée notamment par l’érection d’un grand marché à puce.
Sur place, la cité de Médina Baye se distingue par une grande animation. Toutes ses grandes artères sont bondées de monde.
Au boulevard El Hadj Ibrahima Niass, du nom du fondateur de la Fayda Tidjania, la circulation est dense. Des voitures se suivent à la queue leu leu sur le bitume couvert de sable, avec quelques flaques d’eau par endroits.
Le visiteur est frappé par un ballet incessant de personnes marchant sur les trottoirs, et parfois même sur la chaussée du fait de l’encombrement humain amplifié par l’activité des commerçants et des vendeurs de toutes les catégories.

Les klaxons, combinés aux crépitements des haut-parleurs des commerçants, produisent un brouhaha indescriptible.
Les vendeurs d’eau profitent de cette effervescence et de la forte chaleur pour proposer des sachets d’eau fraiche aux occupants des véhicules et autres passants.
La frénésie avec laquelle ces vendeurs du liquide précieux se faufilent entre les véhicules renseigne sur le niveau de rentabilité de leurs activités, surtout en cette cette journée caniculaire.
Aida Seck, une vendeuse d’eau en sachets ne dit pas le contraire. Cette mère de famille a trouvé dans le gamou et le gamouwatt, une occasion de multiplier son chiffre d’affaires.
Assise en face de ses deux glacières, juste à côté de la route, elle se frotte les mains avec cette activité.

”A la fin de la journée, je peux me retrouver avec un bénéfice compris entre 10 000 et 15 000 francs CFA”, confie-t-elle. Aidée de sa fille, Aida se réjouit du fait que ces événements religieux à Médina Baye constituent pour elle une réelle opportunité d’affaires.
Mareyeuse de profession, elle dit mettre tout en pause à l’approche de ces activités religieuses pour se concentrer sur la vente de sachets d’eau fraiche.
Une activité qui, de ses propres dires, lui rapporte le double, parfois même le triple de ce qu’elle gagne au quotidien en tant que revendeuse de poissons.
Sur la route traversant le marché de Médina Baye, l’ambiance bigarrée est pareille à celle du boulevard El hadj Ibrahima Niass. L’affluence fait que les limites du marché sont largement dépassées par les commerçants venus d’horizon divers, qui proposent différents produits et articles.
Madiop Guèye, un vendeur de chaussures neuves, est en pleine besogne. Des clients s’arrêtent de temps en temps devant sa boutique.

Originaire de Thiès, il en est à son énième Gamou à Kaolack. D’un ton jovial, il affirme que pendant cet événement religieux, son activité marche bien. Même si son business marchait beaucoup plus l’année dernière, il ne se plaint pas pour autant, dit-il.
A l’instar de Madiop Guèye, ces événements religieux de Médina Baye sont une période de forte activité pour Aïda, une commerçante qui entend tirer profit du Gamouwaat.
A côté du commerce, le secteur du transport se porte également bien en cette période. Les déplacements se multiplient au grand bonheur des conducteurs de motos-taxis, communément appelés ”Jakarta”, et des charretiers. Ces moyens de transport, plus accessibles et moins coûteux, sont très prisés.

Selon Souleymane Cissé alias Jules, conducteur de “Jakarta”, le moment est propice pour réaliser des surplus de bénéfices. “Le Gamou et le Gamouwatt à Médina Baye sont des périodes très lucratives”, dit-il.
”Ils nous permettent de faire des profits conséquents. Pendant pratiquement deux semaines, Médina Baye reste animée. Ce qui fait grimper le nombre de rotations et celui des recettes”, ajoute-t-il.
”L’année dernière, après les deux événements, ‘’ai acheté une nouvelle moto avec le bénéfice que j’ai réalisé”, se souvient Jules.
Les charretiers aussi ne se plaignent pas. Ils sillonnent les quartiers de la cité religieuse, transportant soit des personnes soit de la marchandise.
Babacar Ngom fait la navette entre les quartiers Médina Baye et Gawane depuis la semaine passée, dit-il, ajoutant empocher l’équivalent de plusieurs jours de travail.
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