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Kaffrine, 8 mars (APS) – Des femmes de la région de Kaffrine (centre) ont plaidé pour l’achèvement du Centre départemental d’assistance et de formation pour la femme (CEDAF), dont les travaux sont à l’arrêt depuis 2014, soulignant que cette infrastructure est stratégique pour leur autonomisation économique.
À l’intérieur, le bâtiment inachevé sert d’abri aux reptiles et aux animaux. Des herbes sèches, et plantes sauvages envahissantes dans l’enceinte de l’édifice, où il n’y a aucun signe de reprise des travaux.
Pour Fatou Diouf, présidente du Réseau des femmes transformatrices de la région de Kaffrine, il est urgent de relancer ce chantier au ”grand bonheur des femmes”.
”Les femmes du département et de la région sont très courageuses et travailleuses”, a-t-elle dit, soulignant qu’elles ont seulement besoin d’un accompagnement, d’un accès à la formation, au financement et une formalisation de leurs activités.
De nombreuses femmes de Kaffrine, a-t-elle souligné, évoluent dans la transformation des produits locaux, mais l’absence d’unités industrielles structurées limite leur ambition de création d’emplois.
”Il existe quelques petites unités qui commencent à émerger dans la commune, mais cela reste encore insuffisant pour les femmes du monde rural”, a dit Mme Diouf.
Du côté du département de Birkelane, Mbène Guèye, trésorière de la Plateforme multifonctionnelle des femmes, a exprimé les mêmes préoccupations.
”Les femmes sont fatiguées. Elles transforment des produits locaux, mais manquent d’un accès à la formation et au financement”, a-t-elle déploré.
Elle a toutefois salué la construction d’un nouveau centre offert par Ageroute (Agence des Travaux et de Gestion des Routes) aux femmes de Birkelane, dans le cadre de sa responsabilité sociétale d’entreprise liée aux travaux de la route Birkelane-Mabo.
Mme Guèye soutient que des efforts restent encore nécessaires pour l’autonomisation des femmes.
À Malem Hodar, la situation est jugée encore ”plus préoccupante” pour les femmes. Selon Fatou Ndao, responsable des femmes du département, cette zone, considérée comme l’une des plus pauvres du Sénégal, souffre d’un déficit criard d’infrastructures sociales de base pour les productrices.
”Il n’y a pas de local pour les femmes, pas d’unité de transformation, ni d’institution financière, en dehors du siège de la Délégation générale à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (DER/FJ)”, a-t-elle relevé.
Elle a également souligné que les difficultés de mobilité dans la zone constituent un frein majeur au développement des activités économiques des femmes.
”Beaucoup de femmes transformatrices peinent à écouler leurs produits en raison du mauvais état des routes et de l’enclavement de certaines localités. Le marché local, peu attractif, limite davantage leurs opportunités de croissance”, a-t-elle déploré.
À Koungheul, un des départements de la région de Kaffrine, les femmes font face à des difficultés similaires, selon Mère Khady Ndiaye, transformatrice et actrice de développement.
Elle cite notamment le manque d’emplois, l’insuffisance des sessions de formation, les difficultés de formalisation des activités, le non accès à la terre et obstacles liés au financement.
Mme Ndiaye a aussi insisté sur la nécessité d’accompagner davantage les femmes dans la maîtrise des normes de commercialisation, notamment l’obtention d’ autorisations de fabrication et de mise en vente (FRA) et de codes-barres, indispensables pour accéder aux marchés modernes.
Face à toutes ces contraintes, des femmes de la région de Kaffrine appellent avec insistance à achever les travaux du Centre départemental d’assistance et de formation pour la femme (CEDAF) et à renforcer les mécanismes d’accompagnement, afin de favoriser l’autonomisation économique des femmes du Ndoucoumane.
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