Hépatite: 85 % des Sénégalais présentent des marqueurs témoignant d’un contact antérieur avec le virus (responsable)
Hépatite: 85 % des Sénégalais présentent des marqueurs témoignant d’un contact antérieur avec le virus (responsable)

SENEGAL-SANTE-PREVALENCE

Dakar, 26 juillet (APS)- Les hépatites virales représentent désormais “le premier problème de santé publique” au Sénégal, en raison de leur forte prévalence, 85 % des Sénégalais présentent des marqueurs témoignant d’un contact antérieur avec le virus de l’hépatite B, pour 5,7 à 10 % de porteurs chroniques, a-t-on appris du coordonnateur du Programme national de lutte contre les hépatites (PNLH).

“Au Sénégal, 85% de la population ont un marqueur de l’hépatite B, 5.7 à 10% sont des porteurs chroniques du VHB qui est la première cause de cancer du foie et 2% sont des porteurs chroniques du virus de l’hépatite C”, a détaillé le professeur Bamba Kane.

Dans un entretien accordé à l’APS, en prélude de la Journée mondiale contre l’hépatite, célébrée chaque 28 juillet de chaque année, le professeur Kane rappelle que l’hépatite est définie comme une inflammation du foie due souvent à une infection virale. La maladie peut également être causée par une consommation excessive d’alcool, de certains médicaments ou toxines.

L’hépatite B, non traitée, “peut endommager le foie de façon permanente ou évoluer vers une cirrhose ou un cancer du foie”, a alerté l’expert, soulignant que les différentes formes d’hépatite se distinguent par leur cause, leur mode de transmission et leur gravité.

Les hépatites virales – les plus courantes -, sont classées en leur affectant des lettres, de A à E.

Elles se transmettent principalement par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés (voie féco-orale) et se guérissent généralement spontanément et ne deviennent pas chroniques.

S’agissant des hépatites B et C, elles se transmettent de la mère à l’enfant, par contact avec le sang infecté – partage de seringues, transfusion – et par voie sexuelle. Elles peuvent évoluer vers une forme chronique.

L’hépatite D, en revanche, ne survient que chez les personnes déjà infectées par le virus de l’hépatite B.

Le professeur Bamba Kane signale que les hépatites sont souvent asymptomatiques au début. Lorsqu’ils apparaissent, les symptômes peuvent inclure une grande fatigue et un manque d’énergie, mais aussi des nausées, des vomissements, une perte d’appétit et un ictère (coloration jaunâtre de la peau et des muqueuses).

Selon lui, les chiffres disponibles illustrent l’ampleur de la circulation du virus dans le pays et justifient un renforcement du plaidoyer en faveur de cette maladie encore insuffisamment prise en compte.

Le spécialiste a rappelé que les hépatites peuvent évoluer vers des complications graves telles que la cirrhose et le cancer du foie, précisant que le virus de l’hépatite B constitue le premier facteur responsable du cancer primitif du foie chez l’homme, d’où l’intérêt du dépistage.

NSS/BK/SBS