Gingembre littéraire : le roman ”Le miel du crabe” de Ines Senghor met en exergue l’humanité et le multiculturalisme 
Gingembre littéraire : le roman ”Le miel du crabe” de Ines Senghor met en exergue l’humanité et le multiculturalisme 

SENEGAL-LITTERATURE-CULTURE

Dakar, 24 déc (APS) – Le roman intitulé ”Le miel du crabe” de l’architecte franco-serbe-sénégalaise Inès Senghor traite de l’humanité et du multiculturalisme, à travers des vies croisées laissant apparaître un tableau familial peu commun, ont analysé des écrivains et critiques littéraires.

Cet ouvrage de 230 pages, publié aux ”Editions du Jasmin” en 2023 et  présenté par la plateforme ”Gingembre littéraire” du journaliste El Hadji Gorgui Ndoye, raconte la vie d’une adolescente serbe dénommée ”Tea” qui voit son monde et sa famille s’effondrer lors d’un bombardement dans son pays.

C’est par cela que commence un voyage qui la ramènera de l’étranger, tout en la ramenant chez-elle au Sénégal 

L’ouvrage raconte des parcours de vies croisées qui laissent apparaître un tableau familial hors du commun, selon le critique littéraire Abdoulaye Racine Senghor, par ailleurs professeur de lettre et ancien fonctionnaire à la retraite.

”Ce roman nous replonge dans un passé, pour nous renvoyer vers le présent. Il est à la fois riche par sa variété et sa musicalité”, a-t-il déclaré, lundi à l’occasion de la cérémonie de présentation de l’ouvrage. Il ajoute que ce livre allie également la ”poésie et le conte”.

”Dans la diversité, le roman traite le temps et l’espace, il donne des dates précises qui nous permettent de sortir dans l’espace”, indique-t-il avant de préciser qu’en parlant de la deuxième guerre mondiale, l’auteure évoque les conscriptions de la Casamance et de Saint-Louis.

”C’est le conte qui nous permet de comprendre +Le miel du crabe+, il nous fait savoir ce qui se passe en Serbie et en Casamance”, affirme Abdoulaye Racine Senghor, faisant également allusion au ”métissage extraordinaire” mis en lumière à travers ce roman.

”Il y a des formules chocs dans ce livre. Celles d’une guerre humanitaire et d’une paix. Il renoue à la vie, apprend l’amour et apprend à ne jamais préserver le miel du crabe”, explique Racine Senghor.

Selon l’écrivaine Fatoumata Bâ Diallo, le roman d’Inès Senghor reste ”une saga familiale” se déroulant sur plusieurs théâtres, époques et contextes politiques traversés par un point commun qu’est ”la guerre”.

”La grande histoire des conflits du monde, théâtre des histoires individuelles et de celles des peuples, il fallait vraiment être architecte pour en avoir une vision claire et une mise en mot presque musicale à la manière d’un chef d’orchestre qui ne se priverait pas de solos impromptus sans briser l’harmonie de l’ensemble”, fait-elle valoir.

Pour elle, dans l’architecture complexe du roman, les identités se construisent non seulement dans la dureté de la lutte, mais aussi dans le ”sel de l’exil et les blessures de l’être”.

”Ces blessures qui portent en elles les possibilités d’une métamorphose intime capable d’extraire le plus doux de notre humanité, j’allais dire, le miel de notre humanité”, indique l’écrivaine. 

De son côté, l’auteure du roman, Inès Senghor, estime que le changement en général et le voyage en particulier jouent ”un rôle déterminant dans la construction de l’identité”.

”C’est l’inconnu qui se dénude, mais ne se montre pas, se dérobe à l’impatient, aveuglé par l’envie, attire le curieux dans une quête inassouvie”, souligne-t-elle, en lisant un extrait du roman.

Selon Inès Senghor, le besoin de comprendre le Sénégal et de faire des recherches sur sa famille l’a fait remettre dans une perspective globale sur ce que son père lui avait raconté.

Inès Senghor est une architecte de la Diaspora rentrée au bercail. Elle est à sa première publication avec son roman ”Le miel du crabe”.

AMN/HB/ADL/SKS/FKS