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Dakar, 31 août (APS) – Le nouveau directeur général du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), Mam Cherno Jallow, entend mettre le renforcement des capacités techniques et financières des États membres au cœur de son mandat, avec l’ambition de mieux répondre aux exigences du troisième cycle des évaluations mutuelles.
Mam Cherno Diallo a pris cet engagement à l’occasion de la cérémonie de sa prise de fonction à la tête du GIABA pour un mandat de 4 ans, en remplacement du Libérian Edwin W. Harris Jr.
“Le premier point sur lequel nous allons vraiment travailler, c’est sur l’aspect technique parce que la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme nécessite beaucoup d’outils techniques et professionnels”, a déclaré Mam Cherno Diallo.
Pour ce faire, le diplomate gambien a annoncé vouloir travailler à renforcer les capacités techniques et financières des États membres, mais également celles du Secrétariat du GIABA, en tant qu’organe chargé de les accompagner dans la mise en œuvre des dispositifs de lutte contre ces phénomènes.

Selon lui, cette stratégie va s’inscrire dans le cadre du troisième cycle des évaluations mutuelles, qui sera “plus complexe”, car les exigences du Groupe d’action financière (GAFI) ne portent plus uniquement sur la conformité technique.
“Il ne s’agit pas seulement d’avoir des lois et des institutions dédiées à la lutte contre le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent. Mais il s’agit de voir si ces lois et ces institutions fonctionnent, et si tout cela se traduit par des résultats concrets sur le terrain”, a-t-il fait savoir.
Le nouveau directeur général du GIABA entend ainsi mettre l’accent sur l’effectivité des dispositifs, afin que les législations et les institutions mises en place par les États produisent des résultats concrets.
Le GIABA, a rappelé Mame Cherno Jallow, intervient principalement sur les flux financiers issus des infractions sous-jacentes, telles que la corruption ou le trafic de drogue.
“Notre action, c’est justement vraiment d’essayer de faire en sorte que les institutions financières soient assez outillées pour pouvoir détecter les fonds illicites et pouvoir bloquer l’accès de ces fonds-là au système financier régional et national dans tous les pays”, a-t-il expliqué.

Le coordonnateur adjoint du Bureau national de la CEDEAO au Sénégal, Mamadou Moustapha Seck, a insisté, au cours de son adresse, sur les menaces liées au blanchiment de capitaux, au financement du terrorisme, à la criminalité transnationale et à la prolifération des armes, estimant qu’elles fragilisent les économies de la région et exposent les États à diverses vulnérabilités.
Il a appelé le nouveau directeur général à contribuer à la protection des économies nationales et à la préservation de l’intégrité des systèmes financiers et bancaires de la région.
Mamadou Moustapha Seck a par ailleurs assuré au nouveau directeur général le soutien du Sénégal dans l’accomplissement de sa mission au service de la transparence, de la sécurité et du développement économique de la région.

Le directeur du la Cellule nationale du traitement des informations financières (CENTIF), Cheikh Mouhamadou Bamba Siby, a insisté sur le travail accompli par le GIABA ces dernières années et a appelé à se concentrer sur les défis auxquels la région est confrontée.
“Les défis qu’ils attendent sont ceux d’une région confrontée à des menaces qui se renouvellent sans cesse. Ce sont les défis d’État membres qui attendent du GIABA davantage d’anticipation, d’accompagnement et de résultats”, a-t-il souligné.
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