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Dakar, 8 mars (APS) – Des acteurs du secteur de la santé et de la société civile ont préconisé, dimanche à Dakar, de recourir davantage aux mutuelles de santé communautaires pour mobiliser des ressources endogènes destinées au financement de la planification familiale et de la santé sexuelle et reproductive.
Cette recommandation a été formulée lors d’un panel organisé par la section sénégalaise du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), avec l’appui du Partenariat de Ouagadougou, une initiative regroupant neuf pays d’Afrique de l’Ouest engagés dans la promotion de la planification familiale.
La rencontre, tenue autour du thème ”Comment mobiliser les ressources endogènes pour le financement de la planification familiale et des droits et santé sexuelle et reproductive (PF/DSSR)”, a réuni des experts, acteurs communautaires et professionnels des médias.
Maîtresse sage-femme au centre de santé Talla Diop (ex-Dominique) de Pikine, Dieynaba Barry Diack a estimé que les collectivités territoriales pourraient jouer un rôle déterminant dans ce financement à travers les mutuelles de santé mises en place dans leurs communes.
”Tous les maires n’adhèrent pas encore à cette stratégie, mais nous poursuivons le plaidoyer pour les amener à soutenir la planification familiale et la santé reproductive des femmes”, a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé que le Sénégal a enregistré des progrès notables ces dernières années en matière de planification familiale et de droits et santé sexuelle et reproductive, grâce notamment à différentes stratégies de mobilisation de ressources.
Le taux de prévalence contraceptive chez les femmes en âge de procréer est ainsi passé d’environ 12 % en 2012 à 26,5 % en 2023, traduisant, selon elle, ”une avancée significative dans l’accès aux services de planification familiale”.
Malgré ces progrès, le pays reste en deçà des objectifs fixés au niveau national, avec une cible de 46 % de taux de prévalence contraceptive à l’horizon 2028, dans le but de renforcer l’autonomie des femmes, d’améliorer la santé maternelle et infantile et d’accélérer le dividende démographique.
La sage-femme a également relevé une baisse importante des besoins non satisfaits en planification familiale, passés de plus de 30 % à environ 19 %. Ce niveau demeure toutefois élevé et reflète, selon elle, l’insuffisance des ressources financières disponibles.
D’où la nécessité, a-t-elle insisté, de ”promouvoir des stratégies innovantes de financement de la santé à travers les mutuelles”.
Sociologue à l’ONG ACDEV et chargé du plaidoyer, Momar Talla Seck a, pour sa part, insisté sur l’importance de la mobilisation et de l’appropriation communautaires.
”Rien ne peut se faire sans une forte mobilisation des communautés et leur appropriation des stratégies mises en place”, a-t-il affirmé, estimant que cette dynamique constitue un facteur déterminant de succès pour toute initiative de financement local.
Il a également appelé à renforcer l’implication des maires, à travers des actions d’information, de sensibilisation et de formation, en collaboration avec leurs organisations faîtières, notamment l’Association des maires du Sénégal et l’Union des associations d’élus locaux.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des ”Rendez-vous du REMAPSEN Sénégal”, une initiative qui consiste à organiser périodiquement des échanges autour de thématiques liées à la santé ou à l’environnement, a expliqué le coordonnateur du réseau, le journaliste Alassane Baldé.
ADI/MK


