SENEGAL-PECHES-PERSPECTIVES
Dakar, 19 août (APS) – Le directeur technique de l’Agence nationale de l’aquaculture (ANA), Samba Sarr, a souligné, mercredi, l’importance de la collecte et du suivi des données de production pour accélérer la professionnalisation et le développement durable de la filière ostréicole au Sénégal.
“Sans données fiables, il devient difficile de planifier, d’investir, de mobiliser des financements, de mesurer les résultats et de défendre efficacement les intérêts des producteurs”, a-t-il déclaré à l’ouverture d’un atelier de formation destiné à 40 leaders de GIE de la filière des huîtres, une rencontre qui se poursuit jusqu’au 22 août prochain.
Selon lui, les données doivent permettre aux acteurs de connaître avec précision leurs volumes de production, de suivre leurs performances, de documenter leurs activités et d’identifier les difficultés auxquelles ils sont confrontés.
“Les données racontent la réalité de votre activité”, a-t-il lancé aux participants, estimant qu’une filière qui maîtrise ses chiffres est mieux outillée pour négocier, se développer et préparer son avenir.
Le directeur technique de l’ANA a également insisté sur l’importance de la tenue des cahiers de charges des GIE et des producteurs individuels, qui doit contribuer à améliorer le suivi des activités et la gestion des coûts de production.
L’ostréiculture représente bien plus qu’une activité de production, a-t-il dit, ajoutant qu’elle constitue une source de revenus et d’emplois pour de nombreuses communautés, notamment les femmes, tout en contribuant à la sécurité alimentaire et au développement économique local.
L’ambition de l’ANA est de faire évoluer cette activité pour en faire “une filière moderne, organisée, durable, compétitive et capable de répondre aux exigences des marchés”, a-t-il ajouté.
M. Sarr a souligné, dans cette perspective, l’importance du respect des normes sanitaires et de la traçabilité, considérées comme des conditions essentielles pour garantir la qualité des produits, renforcer la confiance des consommateurs et favoriser l’accès aux marchés régional et international.
Il a également rappelé que la coopération entre le gouvernement du Sénégal et la FAO accompagne plusieurs initiatives visant à renforcer la filière ostréicole, notamment dans les domaines des normes sanitaires, de la connaissance du potentiel ostréicole et du renforcement des capacités des acteurs.
La représentante de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, a relevé que la collecte des données constitue un élément essentiel de l’accompagnement apporté aux acteurs de la filière.
Codou Diop a rappelé que la FAO a contribué à une meilleure connaissance du potentiel ostréicole à travers des études ayant permis d’identifier des zones et des sites de production, tout en accompagnant 28 GIE dans le renforcement de leur productivité.
Elle considère qu’il est essentiel que les producteurs soient eux-mêmes capables de fournir des informations fiables sur leurs activités, notamment en matière de production annuelle et mensuelle.
“Si les gens viennent collecter des données et que les acteurs ne savent pas quelles données leur donner, ou comment estimer leur production annuelle ou mensuelle, les informations recueillies ne peuvent pas être suffisamment fiables”, a-t-elle expliqué.
Elle a ainsi réaffirmé l’engagement de la FAO à accompagner les structures nationales et les acteurs locaux dans le renforcement de leurs capacités.
Les 40 leaders de GIE participant à la formation, des femmes principalement, sont appelés à partager les connaissances acquises au sein de leurs organisations, afin de favoriser une appropriation plus large des outils de collecte, de suivi et de gestion des données.
Pour l’ANA et la FAO, la maîtrise de ces informations doit contribuer à une meilleure planification du secteur, à la mobilisation de financements et à une valorisation durable du potentiel économique, social et environnemental de la filière ostréicole.
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