SENEGAL-ECONOMIE- GENRE
Dakar, 10 oct (APS)- La présidente du Réseau 1001 Femmes, Pauline Touré, a appelé à dépasser une conception réductrice de l’entrepreneuriat féminin longtemps associé à l’informel, au microcrédit et aux activités de subsistance pour aller vers l’excellence industrielle et faire du génie créateur des femmes un moteur de la souveraineté économique.
“Pour que ce génie créatif devienne le moteur de notre souveraineté économique, nous devons briser le plafond de verre de l’artisanat pour basculer vers l’excellence industrielle”, a-t-elle notamment déclaré, appelant à passer “de la marmite familiale au laboratoire certifié”.
La présidente du Réseau 1001 Femmess’exprimait lors du lancement officiel du Programme ESSOR, organisé à l’occasion de la première édition du Forum d’investissement stratégique sur l’entrepreneuriat féminin.
“De la subsistance à l’excellence industrielle : structurer l’entrepreneuriat féminin par les normes QHSE, la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et le mentorat pour bâtir la souveraineté économique du Sénégal”, est le thème de cette rencontre qui a réuni des associations féminines et des représentantes d’institutions publiques.
Pauline Touré identifie la cosmétique naturelle, la phytothérapie, la diététique, l’agrobusiness et de l’artisanat comme autant de domaines dans lesquels les femmes développent leur savoir-faire.

Venue représenter la ministre de la Femme et des Solidarités, Djima Aby Sané, a aussi cité l’industrialisation et la professionnalisation de l’entrepreneuriat féminin, le renforcement du leadership des femmes et l’amélioration de leur accès au financement et aux marchés comme les trois priorités pour faire évoluer les entreprises féminines vers une “production structurée”.
“Notre ambition doit être de faire passer les entreprises portées par des femmes de la microactivité à la production structurée, de la commercialisation locale à l’accès aux marchés national et international et de l’initiative individuelle à la création de véritables chaînes de valeur porteuses d’emplois et de croissance’’, a-t-elle martelé.
Cheffe de la division des organisations féminines à la Direction de l’autonomisation économique de la femme, Mme Sané souligne que, malgré leur dynamisme et leur capacité d’innovation, de nombreuses entrepreneures restent confrontées à des contraintes structurelles, en faisant allusion à l’accès limité aux financements adaptés et les difficultés de normalisation et de standardisation des produits.
L’insuffisance de l’accompagnement technique et managérial ainsi que les obstacles à l’accès au marché formel sont aussi cités parmi ces facteurs bloquants.
Djima Aby Sané rappelle toutefois que le développement d’une entreprise exige des “investissements, une meilleure maîtrise des normes de qualité, une capacité de production accrue et une stratégie commerciale ambitieuse”.
La représentante de la ministre a également insisté sur la nécessité de renforcer les compétences des entrepreneures en gestion, planification, négociation, marketing et management, afin de consolider leurs activités et mieux de répondre aux exigences des marchés.
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