Thiès, 17 fév (APS) – Des organisations ouest-africaines d’éleveurs se sont réunies vendredi à Thiès, pour peaufiner une stratégie de plaidoyer, pour la protection de la filière lait local, confrontée à la concurrence jugée “déloyale“ des poudres de lait importées.

Le lait produit par les éleveurs ouest-africains est concurrencé par des poudres de lait dégraissées, puis  ré-engraissées, qui sont importées et à moindre coût.

Les organisations pastorales entendent  rencontrer les pouvoirs publics et les institutions communautaires, pour influencer le processus de relèvement du Tarif extérieur commun entamé par la  CEDEAO, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest  afin de rendre leur produit plus compétitif.

Des acteurs de la filière du lait local ont organisé cet atelier, dans la foulée de la première conférence annuelle de la Plateforme d’appui à la promotion de la filière lait local, qui a récemment regroupé pendant trois jours à Thiès, plusieurs représentants d’organisations et de gouvernements africains.

Lors de cette rencontre au Centre forestier de recyclage de Thiès, les organisations pastorales ont mis sur pied un cadre chargé de mener le plaidoyer.

“Nous allons, à partir d’ici, mettre en place une stratégie qui nous permettra, d’ici la fin de l’année, de mener beaucoup de campagnes de sensibilisation et plaidoyer auprès des décideurs et des consommateurs“, a dit Aliou Samba Bâ, qui représentait un réseau d’organisations d’éleveurs sénégalaises.

Pour Hindatou Amadou, responsable plaidoyer et genre de l’Association pour la promotion de l’élevage au Sahel et en savane (APESS), une organisation de droit burkinabé, le tarif extérieur commun (TEC) appliqué par la CEDEAO, “ne protège pas la filière lait local“. Il est de l’ordre de 5%, a-t-elle relevé.

L’assistant technique à la Cedeao, Bio Goura Soulé avait en marge de l’ouverture de la conférence annuelle de la Plateforme d’appui à la promotion de la filière lait local, indiqué que l’organisation régionale ouest-africaine réfléchissait à un relèvement du TEC.

Les éleveurs ouest-africains jugent “déloyale“ la concurrence des poudres de lait délestées de leur beurre et fromage et réengraissées avec des matières végétales, notamment  de l’huile de palme. Ce qui le rend “50% moins cher que le lait local“, et fait qu’il est vendu “dans le plus petit hameau ouest-africain“, déplore Hindatou Amadou.

Une situation défavorable aux producteurs de lait ouest-africains, qui peinent à être subventionnés, et qui ont du mal à accéder à la matière première, faute d’une organisation pouvant faire parvenir le produit au consommateur, a relevé Aliou samba Bâ. Cela, malgré l’existence de “bassins laitiers“ dans les pays de l’espace CEDEAO.

Même si elle précise qu’il n’y a “pas encore de preuve“ que ces poudres sont déconseillées pour la santé, la responsable relève qu’une étude de la composition de ces laits réengraissés a montré qu’ils contiennent “beaucoup plus de matière grasse que le lait d’origine animale“.

ADI/AKS

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