AFRIQUE-MONDE-FINANCE
Dakar, 15 juin (APS) – Le président kényan William Ruto va porter la voix du continent africain au sommet du G7, qui s’ouvre ce lundi à Évian, en France, dans le prolongement du sommet ”Africa Forward”, marqué par une déclaration des dirigeants africains appelant les grandes économies mondiales à atténuer l’effet des déséquilibres mondiaux sur leurs économies.
Lors du dernier sommet “Africa Forward”, tenu à Nairobi, au Kenya, les 11 et 12 mai derniers, les dirigeants africains et français avaient annoncé avoir décidé de soutenir la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), s’engageant aussi pour un mécanisme de garantie panafricain permettant de débloquer les investissements, de réduire le coût du capital et d’accélérer la création d’emplois sur le continent.
L’ATIDI (sigle en anglais pour African trade & Investment development insurance), l’assureur panafricain d’investissements et de crédits basé à Nairobi, a été désigné comme l’institution phare chargée d’implanter la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), l’instrument de la BAD dont le but est d’aider à combler le déficit de financement du développement de l’Afrique estimé à 400 milliards de dollars par an.
Le Sommet “Africa-Foward”, initié par les gouvernements français et kenyan, avait porté sur le thème “Partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance”.
Quelque 35 chefs d’Etat et de gouvernement, dont le président Bassirou Diomaye Faye, avaient pris part à cette rencontre censée jeter les nouvelles bases d’un partenariat entre l’Afrique et la France.
Le sommet a été sanctionné par la “Déclaration de Nairobi” dans laquelle les dirigeants ont appelé à la définition d’un nouvel agenda continental axé sur l’indépendance financière, la croissance tirée par la technologie et l’industrialisation verte.
Certaines conclusions du sommet ”Africa Forward” viendront nourrir la préparation du sommet du G7, que la France accueille à Evian du 15 au 17 juin.
Le président de la BAD, Sidi Ould Tah, présent au sommet de Nairobi, avait souligné que le défi de l’Afrique ne résidait pas dans un manque de capitaux, mais plutôt dans l’absence de mécanismes capables de transformer le risque et d’attirer les investissements à long terme.
Le président William Ruto, hôte du sommet, avait appelé à la recapitalisation de l’ATIDI, qu’il considère comme un “pilier essentiel’’. Face à ses homologues, il a insisté pour que l’Afrique finance elle-même ses projets.
Le président français Emmanuel Macron, dont le pays abrite la réunion du G7, avait promis de soutenir cette initiative dans le cadre de la réforme financière internationale.
La NAFAD, lancée en avril 2026, à Abidjan (Côte d’Ivoire), vise à mobiliser l’épargne locale, estimée à environ 4 000 milliards de dollars, pour réduire la dépendance extérieure et combler le déficit de financement sur le continent. L’initiative répond au besoin de mettre sur pied une nouvelle architecture financière plus autonome pour l’Afrique.
Durant trois jours, les dirigeants allemand, canadien, américain, français, italien, japonais et britannique – accompagnés des milliers de membres de leurs délégations et de presque autant de journalistes – se réuniront au bord du lac Léman, à Evian (Haute-Savoie).
La présidence française du Groupe des sept a également convié les responsables de plusieurs organisations internationales ainsi que les leaders du Brésil, de la Corée du Sud, de l’Inde, du Kenya et de l’Egypte pour des temps d’échange.
AUT : OID/ABB/BK
