OIF : la candidate mauritanienne expose à Dakar sa vision d’une ”francophonie d’utilité et de cohérence”
OIF : la candidate mauritanienne expose à Dakar sa vision d’une ”francophonie d’utilité et de cohérence”

MAURITANIE-MONDE-LANGUE-ORGANISATION

Dakar, 1er août (APS) – Le docteur Coumba Ba, candidate mauritanienne au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), a décliné samedi à Dakar les grandes lignes de sa vision d’une francophonie ‘’d’utilité, de cohérence et d’équilibre’ qu’elle entend mettre en œuvre si elle parvenait à hériter du poste en novembre prochain.

En présence de l’ambassadeur de la République islamique de la Mauritanie au Sénégal, Mohamed Ould Abdellahi Ould Ethmane, d’universitaires et membres de la société civile sénégalaise, Coumba Ba a notamment dressé les contours de la sa vision d’une francophonie ‘’d’utilité, de cohérence et d’équilibre’’.

L’ancienne ministre et conseillère du président Mohamed Ould Cheikh Al Ghazouani va briguer le leadership de l’OIF. Elle sera en compétition avec la secrétaire générale sortante, la rwandaise Louise Mushikiwabo, l’ancienne ministre congolaise, et non moins fille de Patrice Lumumba, Juliana Amato Lumumba et Dacian Ciolos, ancien Premier ministre de la Roumanie.

Le nom du secrétaire général de l’OIF sera connu lors du sommet de l’organisation prévu du 15 au 16 novembre à Phnom Penh, au Cambodge.

La candidate mauritanienne, le docteur Coumba Bâ a présenté, samedi, à Dakar sa vision d’une francophonie ‘’d’utilité, de cohérence et d’équilibre’’ qu’elle ambitionne de servir une fois élue au poste du secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en novembre prochain.

Dans la capitale sénégalaise, la candidate de la Mauritanie, reçue la veille par le chef de l’Etat du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a déclaré vouloir s’atteler au renforcement de l’Institution francophone à travers par exemple la création d’un observatoire du leadership féminin et une collaboration davantage harmonisé de toutes les entités relevant de l’organisation de la Francophonie.

Cet observatoire qu’elle appelle de ses vœux permettrait d’évaluer, de suivre et de mesurer l’impact et la situation des femmes, catégorie la plus vulnérable devant les armes de la guerre, celle qui paie le plus lourd tribut dans les situations de conflit, a-t-elle fait valoir.

Elle a vanté le caractère important de la ‘’ francophonie d’utilité’’ qu’elle promeut, estimant qu’elle allait permettre à la jeunesse des pays membres de pouvoir bénéficier pleinement de cette francophonie.

Aujourd’hui l’espace francophone cumule un PIB représentant 16,5% au niveau mondial, 20% des échanges commerciaux mondiaux et 15% des ressources énergétiques et minières, sans compter des réserves importantes en terres arabes, notamment pour l’agriculture, a rappelé Mme Ba, parlant à travers cet état de fait de leviers économiques devant générer des retombées pour le secteur privé, l’économie verte entre autres.

Elle ainsi fait part de sa volonté de mettre en place des mécanismes de formation et l’employabilité des jeunes afin de permettre à cette catégorie de la population de d’accéder plus facilement au marché du travail.

Il s’agit, a-t-elle indiqué, de passer des déclarations et programmes, à des phases beaucoup plus concrètes. ‘’Nous devons mettre l’accent sur cet aspect pour évaluer, et mettre en place des stratégies visant à améliorer la situation dans notre espace’’, a-t-elle ajouté.

Elle n’a pas manqué de répéter sa vision d’une ‘’francophonie de cohérence’’ s’appuyant sur ‘’la transparence’’, disant que l’exigence est de faire face aux difficultés financières afin de pouvoir faire plus avec moins de ressources’’.

La candidate mauritanienne préconise une priorisation des programmes qui doivent être clairement définis, pour des bénéficiaires identifiés et bien ciblés afin d’avoir des impacts mesurables. A ses yeux, l’Afrique, qui représentant 60 % des locuteurs, a un rôle ‘’important et singulier à jouer’’ au sein de la francophonie.

Cela justifie, a-t-elle expliqué, sa vision d’une ‘’francophonie d’équilibre’’ pour qu’aucun pays ne se sente périphérique de l’organisation.

‘’Les Etats doivent tous être écoutés et avec le même regard, avec respect. La francophonie est le bien de tout le monde et doit être gouvernée comme telle. Donc personne ne doit se sentir périphérique dans l’organisation de la francophonie’’, plaide-t-elle.

Dr Bâ veut mettre ainsi à la disposition de l’organisation son expérience d’une dizaine d’années en tant que conseillère et chargée de mission à la présidence de la République islamique de Mauritanie et d’autant d’années passée en s’occupant de différents portefeuilles ministériels, de la Fonction publique aux Affaires africaines, en passant par la Jeunesse, les Sports et la Modernisation de l’administration et du travail.

”Le contexte mondial, une des raisons de sa candidature”

Sur le plan linguistique, elle prône ‘’une articulation équilibrée et utile’’ entre le français et les 2000 langues nationales et compte surtout s’appuyer sur l’Intelligence artificielle et le numérique.

Dr Coumba Bâ dit être interpellée par la situation d’un monde rythmé par des défis sécuritaires, financiers et autres.

‘’Je me suis portée candidate parce qu’aujourd’hui, le monde traverse des événements sans précédent de grande gravité, de défis sécuritaires, même financiers’’, s’est-elle justifiée.

Face à la situation plus que préoccupante dans les Grands lacs, au Sahel en passant par le Moyen-Orient et l’Ukraine, la ‘’fille d’Afrique’’ telle qu’elle se définit, veut diriger une OIF tournée vers un nouveau cap pour faire face aux défis du monde.

Docteur Coumba Bâ fait valoir ses qualités, son expérience professionnelle et son parcours pour défendre sa candidature qui, a-t-elle martelé, ‘’n’est pas de trop’’, assurant s’être concertée dès 2025 avec certains pays avant de déclarer sa candidature, soutenue par le chef de l’Etat mauritanien.

Coumba Bâ espère ainsi compter sur ‘’la solidarité africaine’’ pour soutenir sa candidature qu’elle a déjà présentée au Cambodge, en France, entre autres, qui dit-elle ‘’n’est pas une candidature opportuniste’’.

‘’On a candidaté parce que je pense que j’ai des qualités pour servir notre organisation, sur le plan professionnel et sur le plan de mon parcours’’, a-t-elle insisté, disant compter sur son expérience de médecin, de femme d’Etat pour suivre les pas de l’ancien président du Sénégal, Abdou Diouf, secrétaire général de l’OIF entre 2002 et 2014.

FKS/AKS/MTN