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Sédhiou, 10 juin (APS) – Une étude du programme TGG/ALM consacré à sur la lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF) dans la région de Sédhiou (sud) fait état d”’avancées significatives” enregistrées dans ce domaine, grâce à l’implication de l’Etat et des communautés.
Le programme TGG-ALM (The Girl Generation – Africa Leadership Movement) est une initiative visant à accélérer l’abandon des mutilations génitales féminines (MGF) et à autonomiser les femmes et les filles pour les libérer de la violence.
“Même si les objectifs n’ont pas été atteints à 100 %, des avancées significatives ont été enregistrées” dans la mise en oeuvre de ce programme, a dit Germain Makouré, responsable des subventions de l’ONG Option, lors d’une rencontre d’évaluation tenue mardi.
L’un des “acquis majeurs” du projet réside, d’après lui, dans la “forte collaboration” avec les services déconcentrés de l’État et “l’implication active” des communautés.
Selon lui, le programme TGG-ALM a permis de former des groupes de jeunes filles, notamment des ”survivantes, qui se sont distinguées par leur engagement et leur leadership dans la lutte contre les mutilations génitales féminines”.
L’atelier de dissémination des résultats de l’enquête finale du programme TGG-ALM est ”une opportunité pour orienter les futures interventions”, selon M. Makouré.
Il a rappelé que ce programme a été mis en œuvre pendant quatre ans dans quatre régions du Sénégal : Tambacounda, Kédougou, Kolda et Sédhiou, en collaboration avec Association pour la médecine et la recherche en Afrique (AMREF) et plusieurs organisations locales bénéficiaires.
L’enquête a préconisé des solutions parmi lesquelles une meilleure sensibilisation auprès des leaders religieux, du personnel de santé et des autorités locales, afin de créer des “champions communautaires” dont des imams, des “Badiénou Gox” (marraines de quartier), des sages-femmes ou des chefs de village “capables d’influencer durablement les comportements”.
Germain Makouré a également insisté sur la nécessité d’assurer la pérennisation des acquis, rappelant que “les projets passent, mais les activités doivent continuer”.
Les acteurs locaux, y compris les journalistes formés et les organisations partenaires, doivent poursuivre le combat pour la protection des droits humains, a-t-il ajouté.
De son côté, docteur Ramatou Ouédraogo, représentante de l’African Population and Health Research Center, a présenté les résultats de l’évaluation indépendante du programme.
Basée sur des enquêtes qualitatives et quantitatives menées dans les villages d’intervention, les villages environnants et les villages témoins, cette étude, selon elle, met en évidence des “impacts notables”.

“L’un des résultats les plus marquants est l’amélioration des connaissances sur les MGF. Les communautés exposées au programme ont désormais une meilleure compréhension de la loi, des conséquences et des complications liées à cette pratique”, a-t-elle expliqué.
Elle a indiqué que l’évaluation révèle également un renforcement du leadership des jeunes filles et des membres des communautés, désormais plus aptes à s’opposer aux MGF et à mener des actions de sensibilisation.
Des défis subsistent cependant, notamment en ce qui concerne les croyances sociales. “Malgré l’augmentation des connaissances, les croyances restent profondément ancrées et continuent d’influencer les attitudes”, a fait remarquer M. Ouédraogo, recommandant ainsi d’intégrer davantage d’actions visant à transformer les normes sociales et les perceptions culturelles.
Le programme a contribué à renforcer les capacités des organisations locales, y compris celles non formalisées, en leur offrant des financements et des formations en gestion, en rédaction de rapports et en intervention communautaire.
“Ces structures, proches des réalités du terrain, sont désormais des acteurs clés que l’État peut mobiliser dans la lutte contre les MGF”, a dit Mme Ouédraogo, considérant que cet atelier marque ainsi une “étape importante” dans la capitalisation des acquis du programme TGG-ALM, tout en ouvrant la voie à des interventions plus ciblées et durables pour l’éradication des mutilations génitales féminines au Sénégal.
OB/HK/ADL/BK
