Mbow (UNESCO) et Diouf (FAO) : l’empreinte sénégalaise dans les institutions onusiennes
Mbow (UNESCO) et Diouf (FAO) : l’empreinte sénégalaise dans les institutions onusiennes

SENEGAL-MONDE-DIPLOMATIE

Dakar, 18 juil (APS) – Parmi les Sénégalais ayant occupé de hautes fonctions dans les organisations internationales, Amadou Mahtar Mbow (1921-2024) et Jacques Diouf (1938-2019) se distinguent pour avoir été respectivement directeur général de l’UNESCO, de 1974 à 1987, et directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) de août 1994 à fin juin 2011.

Amadou Mahtar Mbow, une empreinte majeure à l’UNESCO

Amadou Mahtar Mbow naît à Dakar en 1921. Il suit un parcours exceptionnel qui le conduit de l’école coranique aux amphithéâtres de la Sorbonne. Ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale, enseignant, militant pour l’indépendance du Sénégal puis ministre de l’Éducation nationale, il rejoint l’UNESCO en 1970 comme sous-directeur général chargé de l’éducation.

Le 15 novembre 1974, il entre dans l’histoire en devenant le premier Africain élu à la tête d’une agence spécialisée des Nations unies. Réélu en 1980, il dirige l’organisation jusqu’en 1987.

Son passage de treize ans à la tête de l’UNESCO est marqué par plusieurs initiatives majeures. Sous sa direction, l’UNESCO accompagne l’entrée en vigueur de la Convention du patrimoine mondial, supervise l’inscription des premiers sites sur la liste du patrimoine mondial en 1978 et renforce les programmes consacrés aux réserves de biosphère.

Amadou Mahtar Mbow lance également le projet de l’Histoire générale de l’Afrique, destiné à restituer au continent son récit historique et à mieux l’inscrire dans l’histoire universelle.

Il se distingue aussi par son plaidoyer en faveur de la restitution des biens culturels africains, qui conduit à la création du Comité intergouvernemental pour la promotion du retour des biens culturels à leur pays d’origine.

Dans le domaine des médias, Mbow défend le concept de Nouvel ordre mondial de l’information et de la communication (NOMIC), afin de rééquilibrer les flux d’information entre le Nord et le Sud. Cette réflexion débouche sur les travaux de la Commission MacBride, dont le rapport – Voix multiples, un seul monde – demeure une référence sur le pluralisme de l’information. Elle aboutit également à la création, en 1981, du Programme international pour le développement de la communication (PIDC).

Jacques Diouf, dix-huit années à la tête de la FAO

Jacques Diouf, diplomate et homme politique sénégalais voit le jour le 1er août 1938 à Saint-Louis-du-Sénégal. Avant son accession à la tête de la FAO, il exerce notamment les fonctions de député, de secrétaire d’État, d’ambassadeur du Sénégal auprès des Nations unies, de secrétaire exécutif du Conseil africain de l’arachide et de secrétaire exécutif de l’Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l’Ouest.

Il est élu directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) le 8 novembre 1993. Il prend ses fonctions le 1er janvier 1994 et dirige l’institution jusqu’en décembre 2011, soit près de dix-huit années, l’un des plus longs mandats de son histoire. Sous sa direction, la FAO fait de la lutte contre la faim, de la réduction de la pauvreté rurale et de la promotion d’une agriculture durable les axes centraux de son action.

Jacques Diouf multiplie les initiatives internationales pour attirer l’attention sur l’insécurité alimentaire dans le monde. En 2006, il lance un appel en faveur d’une ‘’deuxième révolution verte’’, estimant nécessaire d’accroître la production agricole tout en préservant les ressources naturelles.

Son engagement en faveur du droit à l’alimentation lui vaut une reconnaissance durable. Après son départ de la FAO, l’organisation crée le Prix Jacques Diouf, décerné tous les deux ans à des personnes ou institutions ayant contribué à l’amélioration de la sécurité alimentaire mondiale.

Nommé en 2014 envoyé spécial de la FAO pour le Sahel et la Corne de l’Afrique, il poursuit son engagement en faveur du développement du continent africain jusqu’à son décès, le 17 août 2019.

MYK/ABB