Kéba Mbaye, Lamine Diack, Fatma Samoura : du Sénégal au sommet des fédérations sportives internationales
Kéba Mbaye, Lamine Diack, Fatma Samoura : du Sénégal au sommet des fédérations sportives internationales

SENEGAL-MONDE-INSTITUTIONS

Dakar, 18 juil. (APS) – Dans le domaine du sport, les Sénégalais Kéba Mbaye, (1924-2007) Lamine Diack (1933-2021) et Fatma Samoura ont occupé, à différentes périodes, les plus hautes responsabilités au sein d’institutions majeures de la gouvernance sportive mondiale.

Kéba Mbaye, premier président du Tribunal arbitral du sport (TAS)

Magistrat de renom, Kéba Mbaye a joué un rôle déterminant dans la création du Tribunal arbitral du sport (TAS), principale juridiction internationale de règlement judiciaire des différents survenus dans ce secteur.

L’idée de créer une juridiction spécialisée au début des années 1980 revient au président du Comité international olympique (CIO) de l’époque, l’Espagnol Juan Antonio Samaranch (1920-2010). Membre de cette instance, le juge sénégalais Kéba Mbaye est chargé de présider le groupe de travail chargé d’élaborer les statuts de la future institution. Les textes sont adoptés par le CIO en 1983 avant l’entrée en vigueur du TAS le 30 juin 1984. Il en devient alors le premier président, fonction qu’il exercera jusqu’à son décès en janvier 2007.

Sous sa présidence, le TAS s’impose progressivement comme l’instance de référence pour le règlement des litiges sportifs internationaux, notamment en matière disciplinaire, contractuelle et de dopage.

Parallèlement, Kéba Mbaye siège au CIO de 1973 à 2002. Vice-président de l’institution, il préside successivement les commissions ‘’Apartheid et olympisme’’, juridique et d’éthique.

Son engagement dans le mouvement sportif prolonge une carrière juridique internationale. Ancien premier président de la Cour suprême du Sénégal, il fut également vice-président de la Cour internationale de justice de La Haye.

Lamine Diack : du sautoir de longueur à la présidence de l’IAAF

Ancien athlète de haut niveau, Lamine Diack (1933-2021) accède progressivement aux plus hautes responsabilités de l’athlétisme mondial après une carrière de dirigeant sportif entamée au Sénégal.

Champion de France du saut en longueur en 1958 et champion universitaire l’année suivante, il devient, à son retour au Sénégal, directeur technique national de l’équipe nationale de football entre 1964 et 1968 avant d’entraîner le Jaraaf de Dakar. Son nom reste également associé à la réforme des compétitions sportives nationales intervenue en 1969.

En 1973, il participe à la création de la Confédération africaine d’athlétisme (CAA), dont le siège se trouve à Dakar, avant d’en assurer la présidence pendant près de trente ans. Président du Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS) de 1985 à 2002, il gravit parallèlement les échelons de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF, en anglais), dont il devient vice-président puis premier vice-président.

À la disparition de l’Italien Primo Nebiolo en 1999, Lamine Diack assure l’intérim de la présidence avant d’être élu à la tête de l’IAAF en 2001. Il dirige l’organisation jusqu’en 2015.

Son mandat est notamment marqué par l’adoption du principe ‘’Un pays, une voix’’ et la création de la Ligue de diamant, appelée à remplacer la Golden League.

Condamné en France en septembre 2020 dans une affaire de corruption liée à des dossiers de dopage concernant des athlètes russes, il fait appel de cette décision. De retour au Sénégal en 2021 après la levée de son interdiction de quitter le territoire français, il décède la même année avant que la procédure d’appel n’aboutisse.

Fatma Samoura, une pionnière au secrétariat général de la FIFA

Fatma Samoura entre dans l’histoire de la Fédération internationale de football association (FIFA) en devenant la secrétaire générale de l’organisation le 13 mai 2016.

Elle est ainsi la première femme et la première personnalité non européenne à occuper cette fonction depuis la création de cette organisation internationale.

Avant de rejoindre la FIFA, elle effectue l’essentiel de sa carrière au sein du système des Nations unies, notamment au Programme alimentaire mondial (PAM), où elle exerce des responsabilités dans plusieurs pays africains.

En qualité de secrétaire générale, elle dirige l’administration de la FIFA, supervise la mise en œuvre des décisions du Conseil, les finances, les relations avec les 211 associations membres, ainsi que l’organisation des principales compétitions internationales.

Nommée dans un contexte de réformes institutionnelles, elle pilote une réorganisation administrative de la FIFA avant de quitter ses fonctions en 2023, après sept années à ce poste.

Kéba Mbaye, Lamine Diack et Fatma Samoura incarnent la présence sénégalaise aux plus hauts échelons de la gouvernance sportive mondiale, respectivement en justice sportive, en athlétisme et en football.

BAB/ABB