SENEGAL-COLLECTIVITES-INITIATIVE
Goudiry, 24 sept (APS) – Des élus locaux et leaders communautaires du département de Goudiry (est) ont pris part à un atelier ayant permis aux participants de se prononcer sur la gouvernance sécuritaire, en vue de renforcer la participation citoyenne pour une meilleure prise en compte des préoccupations des communautés.
Cette rencontre, consacrée à des auditions publiques locales en faveur d’une gouvernance participative, a été présidée par le préfet de Goudiry, Alséyny Bangoura, dans le cadre de la mise en œuvre du Projet SEN RÉSILIENCE II financé par l’Union européenne et mis en œuvre par la Fondation Konrad Adenauer, en partenariat avec l’ONG Taataan ASADIC
Ce cadre d’échanges et de dialogue a réuni des autorités administratives et des élus locaux de Goudiry, un département de la région de Tambacounda, ainsi que des “Bajane Gox” (marraines de quartier) et des représentants du comité consultatif des jeunes.
Il y avait aussi des représentants des Forces de défense et de sécurité, notamment de la Gendarmerie, du service des Eaux et Forêts, du service d’hygiène et la 34ème Compagnie de la Brigade des sapeurs-pompiers de Goudiry.
“En tant que Préfet, j’ai écouté de vive voix les populations se prononcer sur des questions sécuritaires, j’ai entendu leurs appréhensions sur notre dispositif ainsi que leur vécu en termes de sécurité”, a déclaré le chef de l’exécutif départemental.
Selon lui, la rencontre a permis aux citoyens venus de plusieurs communes du département de Goudiry, d’échanger directement avec les élus et représentants locaux sur des problématiques de paix, de sécurité, de cohésion sociale et de gouvernance, afin de renforcer la participation citoyenne et la prise en compte des préoccupations des communautés dans la gouvernance territoriale.
Selon les termes de références de la rencontre, ces auditions publiques sont appelées à contribuer à consolider la confiance entre les populations et les institutions locales.
Elles visent aussi à promouvoir une gouvernance plus participative, transparente et inclusive, et à aller vers l’appropriation, l’opérationnalisation et la pérennisation des mécanismes locaux de concertation en matière de sécurité.
Selon le préfet de Goudiry, ces auditions ont permis aux participants de mettre en exergue les problèmes auxquels les populations sont confrontées, mais aussi de faire émerger des propositions consensuelles et des solutions concrètes à ces contraintes.
“Cet exercice nous a permis d’identifier nos problématiques telles que le vol de bétail, la transhumance, la délinquance juvénile, les feux de brousse ainsi que d’autres problèmes sur lesquels nous sommes revenus en identifiant les causes profondes et en réfléchissant sur des pistes de solutions ainsi que des recommandations pour régler ces problèmes”, a indiqué Alséyny Bangoura.
Alyoune Badara Diop, expert à l’ONG TAATAN ASADIC, a souligné que cette initiative vise à passer progressivement d’une dynamique de sensibilisation et de mobilisation des acteurs, à une démarche davantage orientée vers l’appropriation, l’opérationnalisation et la pérennisation des mécanismes locaux de concertation en matière de sécurité.
L’atelier vise, selon lui, à valoriser les résultats des diagnostics déjà effectués par les populations et à accompagner les autorités administratives et territoriales ainsi que les élus locaux dans leur appropriation et leur traduction en actions concrètes.
“Il fallait vraiment revenir pour voir quelle stratégie les populations proposent elles-mêmes, pour la mise en œuvre des mécanismes de lutte contre les menaces sécuritaires parce que dans le cadre du projet SENRÉSILIENCE II, ce sont les populations qui font le diagnostic, qui énumèrent les risques sécuritaires, les mécanismes à mettre en œuvre et les outils de résilience pour permettre de mettre en place des actions de prévention des risques sécuritaires”, a-t-il expliqué.
L’esprit d’une telle démarche “est de veiller à ce que le risque ne devient pas une menace à travers un dialogue collaboratif qui permet aux citoyens, au chef de village, au chef d’une association ou au président d’un comité de parler au préfet et aux Forces de défense et sécurité en toute liberté”, a-t-il ajouté.
Ces auditions publiques vont se poursuivre dans les communes chefs-lieux des départements de Tambacounda et Koumpentoum, les 24 et 25 septembre 2026.

ABD/SBS/BK
